La création de Bij'Or, une entreprise de production artisanale de chocolat, constitue un exemple concret.
Un fonds propre réuni grâce à leurs pré-salaires, des recherches approfondies, le goût du risque et l'amour pour le chocolat, et ils ont réussi à bâtir leur entreprise. Ils, c'est Orlando Ralaisoa, Johnathan Ralaisoa, Koly Raelinera. Il s'agit de trois jeunes âgés de 25 à 28 ans sortants des départements de l'agronomie et de la gestion de l'université d'Ankatso.
En 2000, ils ont commencé des recherches poussées sur la fabrication artisanale du chocolat à base de fèves de cacao local recoltées à Ambanja.
Des matériels ont été, par ailleurs, fabriqués dans ce sens. Mais, finalement leurs produits n'ont été présentés au grand public que lors de la foire artisanale Sehatra 2010, qui s'est tenue du 15 au 18 juillet au Palais des Sports de Mahamasina.
Jusqu'ici, la clientèle s'était restreinte au cercle familial. «Nous avons déjà fabriqué du chocolat bien avant Sehatra, mais cette occasion a été choisie pour faire connaître nos produits au public», avance Orlando Ralaisoa, un des jeunes promoteurs.
De produits divers, dont des tablettes de chocolat noir et au lait, des fourrés de confitures, de la ganache, des truffes et du poudre de cacao, ont alors été exposés aux visiteurs de la foire. Les figurines, à savoir les sabots de Noël et les sapins, entre autres, n'ont pas été en reste.
En tout cas pour une grande première, le succès fut au rendez-vous. «Depuis, nous avons reçu beaucoup de réactions positives. Des clients ont passé des commandes pour des évènements familiaux, et des partenaires se sont proposés pour travailler avec nous», nous confie Koly Raelinera.
Intérêt considérable
Faire apprécier aux Malgaches du chocolat de qualité et à prix abordable, transformer et valoriser les produits exotiques constituent les objectifs principaux de la création du label Bij'Or. De fait, c'est une chocolaterie présentant une capacité de production de 50 kilos de produits finis par mois.
«Moi, j'aime bien le chocolat, mais je n'arrive pas à accepter que nous produisions du cacao, et qu'on en exporte. Ensuite le chocolat revient ici cher, car devenu un produit de luxe pour les Malgaches», s'insurge Orlando.
Avant la fin de l'année, les jeunes entrepreneurs se proposent d'ouvrir une boutique, où les gourmets du chocolat pourront se servir. Mais entre-temps, les trois copains comptent travailler avec des grossistes partenaires dans la vente de leurs produits, notamment des tablettes.
Afin de maintenir la qualité de leur production, le système de fabrication restera artisanale. «Avec la méthode industrielle, on est parfois obligé d'utiliser d'autres matières émulsifiantes comme la lécithine, dans le but de réduire les quantités de cacao et de beurre de cacao. Ce qui fera baisser la qualité», déclare Johnathan Ralisoa.
Par ailleurs, l'emballage et la capacité de production seront améliorés.
Les opérateurs se multiplient
Le marché local du chocolat est très dynamique. A côté des marques importées, des industriels malgaches s'intéressent à la filière.
Parallèlement aux produits fabriqués par la grande firme Chocolaterie Robert et par la société CINAGRA(Compagnie industrielle agro-alimentaire de chocolat), pullulent de nouvelles marques, entre autres le Mini choco noir et au lait de la société de biscuiterie Joliment Bon.
Toutefois les opportunités ne sont pas épuisées. Un part de marché reste à conquérir, principalement dans les produits dérivés autres que les tablettes de chocolat.
« J'estime que nous avons très peu de chances pour acquérir de nouvelles parts de marché en ce qui concerne les tablettes. Par contre, nous pouvons encore obtenir une place pour les chocolats fourrés, les ganaches. Et c'est dans ce sens que nous allons beaucoup travailler », annonce Orlando Ralaisoa.
Le prix élevé du chocolat demeure un obstacle pour booster la consommation. Le Malgache mange en moyenne près de 700 grammes par an.
De meilleure qualité
Le chocolat fabriqué à Madagascar avec le cacao local est réputé de bonne qualité. L'année dernière, il a reçu le premier prix d'excellence à la 15è édition du Salon du chocolat.
Toutefois, les producteurs locaux qui valorisent le cacao local se sentent frustrés de la mesure fiscale adoptée dans la loi de Finances 2010, par la suppression des taxes à l'importation pour le beurre de cacao.
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