Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: « Le Sénégal est un pays de Soutoura »

L'Association de défense des usagers de l'eau, de l'électricité, des télécommunications et des services (Adeetéls) a marqué son opposition à la dépénalisation des délits de presse estimant que « le Sénégal est un pays de Soutoura ». C'était au cours d'un point consacré à ses vingt ans d'existence de l'association qui s'est tenue hier, mercredi 28 juillet, à Dakar.

Toute faute commise mérite sanction. Ainsi peut se résumer la position de l'Association de défense des usagers de l'eau, de l'électricité, des télécommunications et des services(Adeetéls) sur la dépénalisation des délits de presse. Elle l'a signifié hier, mercredi 28 juillet, à Dakar au cours d'un point de presse commémorant les vingt ans d'existence de l'association consumériste. De l'avis du secrétaire générale de ladite association, Pablo Fall « Le Sénégal est un pays de Soutoura ».

Pour étayer cette assertion, M. Fall, a expliqué que certaines pratiques peuvent être acceptées ailleurs mais pas au Sénégal. Donnant l'exemple du pays d'Oncle Sam où le Président peut être caricaturé en « slip » ce qui n'est pas possible au Sénégal. Selon lui, si on ne fait pas attention, « on risque de se retrouver comme en Sicile avec des vendettas ». Car, ajoute-t-il, « quant un homme n'obtient pas la justice, sa nature lui commande de se faire justice ». Le président de l'association consumériste, Dr Ahmadou Abdoulaye Aïdara, de se demander pourquoi le journaliste ne serait- il pas sanctionné s'il commet une faute. En effet, il avance que : « Si le médecin fait une faute, il est sanctionné et pourquoi le journaliste ne sera pas sanctionné s'il fait une faute ? ». Dans la même veine, Mamadou Seydi Agne, trésorier de l'Adeetéls, dira que « la dépénalisation du délits de presse est devenu une mode internationale non conforme au réalité du Sénégal ». « Nous estimons que attenter à l'honneur de quelqu'un, dans ce pays, est pire qu'un crime. Pis, le plus souvent, on ne pense jamais à la victime », a-t-il précisé.

Une option stratégique

Vingt ans après la création de l'Adeetéls, des questions se posent sur la notoriété de l'association dans le mouvement consumériste. De l'avis du secrétaire générale de l'Adeetéls, ce n'est pas un problème de notoriété mais de visibilité et d'option stratégique. En effet, selon lui, l'Adeetéls n'est pas un mouvement syndical pour organiser des grèves et faire sortir les populations. « Nous ne sommes pas des syndicats pour des faire des grèves. La stratégie qu'on a mis en place consiste, d'abord, à éduquer les citoyens. Ensuite, a faire des plaidoyers et, enfin, a usé du lobby pour faire bouger les choses ». D'ajouter que « c'est cela notre stratégie et non des actions d'éclats qui demandent d'ailleurs beaucoup d'argent ». Le président de l'association de soutenir cette position en disant que : « Nous n'avons pas d'argent à donner ». Ce dernier a conclu son intervention en invitant les jeunes à adhérer aux associations consuméristes et d'y consacrer un peu de leur temps au service des populations.


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