Les femmes chefs d'entreprise renforcent les liens commerciaux entre les États-Unis et l'Afrique.
Washington - Trente quatre femmes africaines chefs d'entreprise participent à l'édition 2010 du Forum sur la coopération commerciale et économique entre les États-Unis et l'Afrique subsaharienne, connu sous le nom de Forum de l'AGOA, et au Forum sur les femmes africaines chefs d'entreprise pour renforcer les liens commerciaux afro-américains en agrandissant leurs entreprises et promouvant la croissance économique de leurs pays respectifs.
Quatre d'entre elles - chefs d'entreprise en Ouganda, au Cameroun, en Éthiopie et au Botswana - ont répondu le 27 juillet aux questions d'America.gov.
Mme Maria Odido, PDG de Bee Natural Products Inc. en Ouganda, a déclaré qu'elle était en train d'évaluer comment son entreprise pourrait se développer dans le cadre de la Loi sur la croissance et des possibilités économiques en Afrique (AGOA). « Il va me falloir un certain temps pour entrer sur le marché américain, et ce pour plusieurs raisons », a-t-elle expliqué. « D'abord, les niveaux de production ne sont pas très élevés et nous ne pouvons donc pas exporter facilement aux États-Unis. Je n'ai pas de problème de qualité, j'ai un problème de quantité. »
Mme Odido a expliqué qu'elle aimerait que l'AGOA joue un rôle plus important dans le domaine des échanges agricoles et plus spécifiquement dans son secteur spécifique, qui est directement lié à la sécurité alimentaire. Elle pense que les petites et moyennes entreprises (PME) comme la sienne sont « l'ossature de l'économie parce qu'elles emploient souvent des personnes qui ne sont pas aptes au travail. Elles sont sous-financées et mal reconnues mais elles existent et continuent d'exister aux côtés des multinationales. J'aimerais que l'on reconnaisse la valeur du rôle des PME en Afrique comme les pays développés l'ont fait chez eux pour renforcer leurs économies. Cela n'est pas encore arrivé en Afrique. »
Quelles que soient les autres choses qui seront faites, « il faudra accorder plus d'attention aux PME. »
Son entreprise emploie 42 personnes et est le premier producteur de miel et de cire d'abeille en Ouganda et le deuxième au Kenya. Elle espère bientôt pouvoir commencer à exporter dans trois autres pays africains et elle souligne l'importance du commerce interafricain.
« S'il est merveilleux de rêver à des échanges avec le reste du monde, a-t-elle déclaré, si nous ne pouvons pas avoir un commerce interafricain, un commerce interrégional, comment pourrons-nous comprendre le commerce international ? L'Afrique se compose de petites PME (...) et ce sont les petites PME qui sont l'ossature du commerce africain. »
Les pays africains ne doivent pas seulement éliminer leurs tarifs douaniers pour stimuler les échanges entre eux, « mais les organes régionaux africains doivent comprendre les réalités sur le terrain et éliminer les obstacles sur le terrain et pas seulement sur le papier ».
« Ã- l'heure actuelle, nous avons des gouvernements en Afrique qui parlent beaucoup mais ce qu'ils disent ne se traduit pas en actions sur le terrain. Les bureaucrates, les technocrates sur le terrain ne peuvent pas mettre en à "uvre les visions des chefs d'État ou toutes les rectifications apportées pendant l'année », a-t-elle expliqué.
Pour améliorer le commerce interafricain, Mme Odido suggère un programme en cinq points :
· Les Africains doivent d'abord se comprendre mutuellement et être fiers des produits fabriqués en Afrique ;
· Les produits africains doivent être de la meilleure qualité et à la hauteur des normes mondiales ;
· Les impôts régionaux doivent être uniformes et axées sur l'avenir ;
· Les inspections aux frontières doivent être abolies et chaque pays africain commerçant avec un groupe régional doit avoir confiance dans les normes de douane et d'inspection du groupe ;
· Il faut développer l'infrastructure pour faciliter le flux des échanges régionaux. De l'avis de Mme Odido, « c'est là que les gouvernements doivent jouer un rôle majeur pour que nous puissions continuer à faire des affaires, pour que nous puissions jouer notre rôle et que les gouvernements jouent le leur ».
Mme Caroline Jose Ernestine Sack Ep Kendem, directrice et fondatrice du fabricant de vêtements camerounais Ken Atlantic, est aux États-Unis pour entrer sur le marché américain dans le cadre de programme d'échanges préférentiels de l'AGOA.
Son entreprise, qui produit des maillots de bain pour l'exportation en Europe, veut exporter des uniformes de travail aux États-Unis et a un contrat avec la chaîne de pharmacies CVS Caremark.
« J'espère vraiment élargir mon réseau de contacts d'affaires » lors du Forum, a-t-elle déclaré. De nombreux facteurs affectent les entreprises africaines qui veulent commercer avec les États-Unis, dont le coût élevé des transports (45 jours de bateau du Cameroun aux États-Unis) et la nécessité d'améliorer les réseaux bancaires pour faciliter les affaires. « C'est un gros problème », a-t-elle précisé en parlant des difficultés d'expédition : « nous avons un bateau par semaine » qui touche à Douala.
Mme Kendem a précisé que ses produits peuvent être rentables et elle espère pouvoir employer 800 personnes - contre 110 actuellement - si elle obtient de nouveaux contrats aux États-Unis. « C'est mon but pour cette année. Alors j'ai besoin de rencontrer des partenaires. »
Mme Nigest Haile Goshu est fondatrice et présidente du Center for African Women Economic Empowerment (Centre pour la valorisation économique des femmes africaines), une ONG autochtone basée à Addis-Abeba (Éthiopie). Elle a expliqué que son organisation travaille en étroite collaboration avec l'ambassade des Etats-Unis et les spécialistes de l'AGOA pour profiter du programme d'échanges préférentiels, surtout dans le domaine des produits artisanaux et des tissages traditionnels pour le décor de maison mais aussi dans ceux du textile, du cuir et des fleurs.
Les Éthiopiennes qui espèrent exporter au titre de l'AGOA sont très intéressées et des femmes d'affaires bien établies leur servent de guide et de modèle, partageant leurs « meilleurs pratiques » avec d'autres femmes d'affaires pour les aider à se développer dans le cadre de l'AGOA.
Aider les femmes dans les affaires aide les collectivités, a déclaré Mme Goshu. « Valoriser une femme valorise sa famille. Valoriser une femme valorise la collectivité et, à terme, le pays. Quand on valorise une femme et quand on valorise un homme, on voit la différence. Quels que soient les avantages et les bénéfices qu'une femme en retire, elle les investit dans ses enfants, elle investit dans son foyer, dans une meilleure éducation pour ses enfants, dans une meilleure nourriture et dans une meilleure nutrition. Il y a une grande différence. »
Mme Chigedze Virginia Chinyepi, directrice générale de Tjina Njando Crafts au Botswana, est aux États-Unis pour trouver des clients pour les produits d'artisanat de son entreprise, qui comprennent des paniers décoratifs sur commande. Elle exporte déjà à petite échelle aux États-Unis et a exposé ses produits sur le prestigieux Folk Art Market (Marché de l'art folklorique) de Santa Fe et à l'International Gift Show (Salon international du cadeau) de Los Angeles. « Notre objectif est de trouver des acheteurs permanents », a-t-elle déclaré, comme les producteurs rwandais de paniers l'ont fait avec le grand magasin de Macy.
Les importations américaines en provenance de l'Afrique subsaharienne ont augmenté de 78 %, pour atteindre 26,6 milliards de dollars pendant les 5 premiers mois de 2010. Les importations dans le cadre de l'AGOA au augmenté de 74 %, pour atteindre 18,8 milliards de dollars pendant la même période. Les produits hors pétrole incluaient des véhicules et des pièces détachées, des vêtements, de la bijouterie, des fruits et des légumes, des vins, des noix, des épices, des paniers, du cacao en poudre, de la pâte de cacao et des fruits de mer.
(Les articles du site «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)
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