Jeune militant togolais, M. Koffi Amegbo Nomedji, est convaincu que sa participation au Forum qu'organise le président Obama à l'intention de jeunes leaders africains à la Maison-Blanche du 3 au 5 août prochains stimulera son oeuvre en faveur du développement de son pays.
« Je vais nouer de solides relations avec d'autres jeunes Africains influents, et j'apprendrai d'eux comment stimuler la participation des jeunes aux affaires publiques, a-t-il expliqué au rédacteur d'America.gov. J'espère renforcer la capacité des responsables féminines des collectivités locales à appliquer les principes de la démocratie et à diriger (...) leur collectivité de façon à faire respecter les droits de la femme. Ã long terme, j'attends un réel partenariat entre les États-Unis et mon pays afin de promouvoir un large éventail de programmes dans les domaines de l'éducation et de la réforme de secteurs comme la santé et l'agriculture. »
M. Nomedji, directeur des programmes d'une organisation sans but lucratif appelée ALAFIA, accorde une attention particulière à l'amélioration des conditions de vie des veuves et de leurs enfants dans les villages. Traditionnellement, en effet, les veuves sont forcées d'observer des mois de deuil durant lesquels toute activité agricole ou commerciale leur est interdite. Après cette période de deuil obligatoire, elles subissent souvent des pressions les obligeant à épouser un membre de la famille de leur ancien mari. Or ces mois d'inactivité durant le deuil laissent les veuves et leurs enfants dans la pauvreté, et les remariages forcés augmentent les risques d'exposition au VIH/sida, a fait remarquer M. Nomedji.
Il sillonne les zones rurales afin de faire passer le message selon lequel aujourd'hui, les veuves peuvent avoir un comportement différent de celui du passé. « En coopérant avec ALAFIA et des responsables locaux, j'ai contribué à éradiquer ces pratiques traditionnelles dans 21 villages togolais. »
Au-delà de son oeuvre au nom des veuves et de leurs enfants, M. Nomedji et ses collègues enseignent des notions élémentaires de lutte contre la corruption et d'éducation civique. « Les citoyens ne savent pas qu'ils ont le droit de surveiller les dépenses publiques et de demander des comptes. Ce manque d'éducation est un obstacle à la démocratie et à la participation des femmes et des jeunes à la vie publique. » Les connaissances en informatique, le microcrédit, l'éducation sanitaire et la formation agricole figurent également au premier plan des programmes que dirige M. Nomedji. « Nous avons formé et aidé plus de 1.500 femmes et jeunes, et nous continuons. »
Il a ajouté que le discours prononcé par le président Obama au Ghana l'année dernière avait eu un effet positif sur le système politique togolais. L'élection présidentielle de cette année y a été considérée comme juste et équitable par les observateurs internationaux, et pour la première fois une candidate était entrée en lice. M. Nomedji a déclaré avoir également constaté que les jeunes entraient de plus en plus tôt dans l'arène politique.
Il pense en outre que dans cinquante ans, lorsqu'il sera un vieil homme, le Togo sera devenu un pays dans lequel « mes enfants et mes petits-enfants accèderont facilement à l'éducation, à la santé et à l'emploi, et dans lequel le VIH/sida et la drogue seront des cauchemars du passé ».
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