Même si les jours se suivent mais ne se ressemblent pas, le Sénégal mène son bonhomme de chemin, avec les deux médailles d'Argent remportées, hier à Nairobi, par Ndiss Kaba Badji à la Longueur et Gnima Faye au 100 m haies.
Cette dernière, qui avait signé, la veille, le meilleur temps des demi-finales, doit avoir beaucoup de regrets, pour avoir laissé échapper le titre au profit de la Nigériane Seun Adigun (13"14). La Sénégalaise s'est contentée d'un chrono modeste de 13"67, loin de ses meilleurs temps habituels.
Elle a été perturbée par les flottements du starter et du speaker lors de la finale. Gnima Faye, pour éviter tout désagrément a eu du mal à démarrer, contrairement a la Nigériane qui est sortie en trombe pour se mettre en orbite jusqu'à l'arrivée.
C'est en larmes que la Sénégalaise a regagné les vestiaires, car son objectif, dira-t-elle après, c'était le titre et rien d'autre.
Ndiss Kaba Badji a mené le concours de la Longueur, avec un bond de 8,10m, avant que le Sud-Africain Mokoena ne sorte le saut parfait mesuré à 8.23m, alors que les carottes paraissaient cuites pour lui.
Le vice-champion du monde a encore prouvé qu'il est un redoutable compétiteur et qu'il a toujours le don de tuer le suspense a tout moment. Le Sénégalais, un moment handicapé par une blessure avant les championnats, ne semble pas avoir retrouvé toutes ses marques.
Surtout que le stage en altitude indispensable est tombé à l'eau, pour des difficultés à trouver aux athlètes sénégalais des titres de transport pour être présents plus tôt à Nairobi. Ndiss Kaba n'avait pas tort de révéler qu'il ne garantissait rien à la veille de la compétition. Il ne va pas cracher sur la médaille d'Argent, surtout que le meilleur Africain était venu à Nairobi pour bien justifier son statut.
Mamadou Lamine Niang, l'autre finaliste du jour, n'a pas eu la même chance que ses deux compatriotes qui sont montés sur le podium. Dans une finale qui est allée très vite, le Sénégalais n'a pu terminer qu'à la 8e et dernière place en 10"40.
C'est l'Ivoirien Ben Youssef Meite (en 10"08) qui a créé la surprise en dominant le Ghanéen Aziz Zakari (10"12) et le Sud-Africain Simon Magakwe (10"14). Les Nigérians Obinna Metu et Ogho-Ogene Egwero ont connu la désillusion face aux nouveaux venus du sprint.
Cinq Sénégalais en finale
Le Sénégal qui a bien débuté sa campagne kenyane sera présent aujourd'hui dans les finales du 400 m dames, du 800 m masculin, du 400 m haies masculin. Nos représentants sur le Tour de piste, Amy Mbacké Thiam (52"48) et Ndèye Fatou Soumah (52"53), Mor Seck (1'49"53 au 800 m) et Mamadou Kassé Hanne (49"45 au 400 mh) ont réussi avec brio leur qualification, en réalisant les meilleurs chronos du jour. Sur la poursuite de leurs performances, cette bande de cinq est en mesure, aujourd'hui, de se mêler à la lutte pour le podium.
A signaler que la Botswanaise du CIAD, Amantle Montsho, a survolé le Tour de piste en 50"39. Seuls Mamadou Guèye (5e de sa demi-finale du 400 m en 46"98) et Fatou Diabaye (8e de sa demi-finale au 400m en 56"35) n'ont pas pu poursuivre, hier, l'aventure en direction du podium.
Meserat Defar surclassée par Cheruiyot
Pour les autres finales d'hier, la Kenyane Vivian Cheruiyot, championne du monde du 5000 m, a surclassé la non moins multiple championne éthiopienne Meserat Defar en 16'18"72 contre 16'20"54 ; au 100 m féminin, c'est la la Nigériane Blessing Okagbare, en 11"03, qui a été sacrée reine d'Afrique devant la Gabonaise Perennes Pau Zang Milama (11"15) et l'autre Nigériane (Damola Osayemi (11"22). Au Disque messieurs, l'Egypte a signé un double devant l'Afrique du Sud.
AMY SENE, (MEDAILLE D'OR DU MARTEAU) : « J'ai envie de faire de belles choses avec le Sénégal »
La championne d'Afrique du Marteau, avant de monter sur le podium recevoir sa médaille d'or, était encore sous le coup de l'émotion. Entretien express.
Comment s'est passée cette nuit du sacre ?
J'ai encore du mal à réaliser que je suis championne d'Afrique. L'émotion est encore là...
Qu'est-ce qui a été déterminant dans votre succès ?
J'étais très motivée pour le titre et aussi par la présence de l'Egyptienne Marwa qui est incontestablement la reine du Marteau en Afrique. Je voulais aussi honorer cette première sélection et, d'ailleurs, j'ai envie de faire de belles choses avec le Sénégal.
Un titre africain et une sélection dans l'équipe d'Afrique, vous devez être heureuse...
Je vis encore mal ce double honneur. Le rêve se poursuit. Mais au-delà de tout cela, j'éprouve beaucoup de fierté à participer à la prochaine Coupe du monde et d'y représenter le Sénégal et l'Afrique.
Et vos prochains objectifs...
Je vais me concentrer maintenant sur le sport pour préparer les prochaines échéances internationales comme les Jeux olympiques de Londres, les championnats du monde de Daegu et surtout la Coupe du monde qui aura lieu dans quelques semaines. J'avais donné une priorité à mes études, mais à présent que j'ai assuré mon avenir professionnel, je vais m'entraîner plus et mieux.
Des souvenirs sur le Sénégal...
J'en ai beaucoup, car j'avais l'habitude de venir y passer des vacances avec mes parents qui sont originaires de Kaolack, par mon père, et de Fimela par ma mère. Mais, depuis 2003, certaines obligations m'ont empêchée de me rendre au Sénégal. Ce n'est que cette année, pour les besoins du meeting de Dakar et pour quelques jours, que je suis retournée au Sénégal.
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