La justice sénégalaise a donné 'avis favorable' dans le cadre de la demande d'extradition formulée par les autorités judiciaires marocaines concernant les trois présumés terroristes Si Mouhamed Nadane, Mouhamed Nadane et Moulaye El Hatlani. La décision est tombée de la Chambre d'accusation. Ainsi, le dernier mot revient au chef de l'Etat sénégalais qui doit signer le décret d'extradition. C'est à cet instant seulement que la requête du royaume chérifien aura les résultats escomptés.
La position de la justice sénégalaise sur le dossier des trois présumés terroristes marocains Si Mouhamed Nadane, Mouhamed Nadane et Moulaye El Hatlani est désormais connue. En effet, dans le cadre de la demande d'extradition formulée par les autorités judiciaires marocaines, concernant leurs trois ressortissants accusés de terrorisme et actuellement en détention au Sénégal, Dame justice vient de décider du sort des trois mis en cause. C'est dans la matinée d'hier que la Chambre d'accusation, relevant de la Cour d'appel de Dakar, a donné 'avis favorable' par rapport à la sollicitation des autorités judiciaires du royaume chérifien.
Le Maroc, qui réclame aujourd'hui à notre pays la tête de ses trois ressortissants, soutient que ces derniers sont en relation terroriste avec le groupe Al Qaïda. Dans la missive adressée au Sénégal pour exiger l'extradition des sus nommés, le royaume chérifien estime, également, que ses trois ressortissants engagés par une organisation terroriste somalienne s'apprêtaient à se rendre dans un camp d'entraînement militaire basé en Somalie, en passant par le Sénégal. L'objectif final était, selon les autorités marocaines, de s'attaquer à la police et à la gendarmerie marocaines pour perpétrer des attentats dans le pays.
Les membres du trio marocain estiment aujourd'hui que si jamais ils sont extradés vers leur patrie, ils seront aussitôt torturés et exécutés par les autorités de leur pays. Et c'est tout le sens de la mise en garde de leur avocat, Me Assane Dioma Ndiaye, qui intercède en leur faveur, en agissant à titre de bénévole et au nom de la Ligue sénégalaise des droits humains. Me Assane Dioma Ndiaye rappelle, à cet effet, la convention des Nations unies contre la torture que le Sénégal a ratifié : 'Aucun pays n'a le droit d'extrader des personnes vers un autre pays où ils risquent d'être victimes de violations de droits humains tels que les tortures, le traitement cruel, inhumain et dégradant ainsi que les exécutions sommaires'.
Ainsi, c'est compte tenu du 'régime marocain peu respectueux des droits humains' et au nom de la 'prévention de violation éventuelle de droits humains' que Me Ndiaye craint pour ceux qu'il décrit comme étant des 'victimes potentiels de violations de droits humains'. Selon l'avocat, ces Marocains 'risquent d'être persécutés, une fois extradés vers leur pays d'origine'. 'Les juridictions supranationales en matière de droits de l'homme telles que la Cour européenne et la Cour inter-américaine ont toujours fait défense aux Etats de ne pas extrader des personnes vers un autre Etat où elles risquent de subir des violations de droits humains', note Me Assane Dioma Ndiaye. Au bout du compte, la Ligue sénégalaise des droits humains compte tenter un dernier recours auprès du président de la République pour sauver ces trois personnes qui craignent pour leur survie, si toutefois elles sont extradées vers leur terre natale.
Les trois ressortissants marocains, Si Mouhamed Nadane, Mouhamed Nadane et Moulaye El Hatlani, dépeints comme étant des terroristes, ont été pris dans les mailles de la justice sénégalaise avec le concours des autorités marocaines qui ont signalé leur présence dans notre pays. A cette occasion, les autorités policières sénégalaises ont saisi l'organisation de police criminelle Interpol qui a procédé à l'arrestation des trois mis en cause. Ces derniers seront finalement déférés à la Maison d'arrêt et de correction (Mac) de Rebeuss où ils sont en détention, depuis maintenant un mois.
Le chef de l'Etat va-t-il suivre la voie empruntée par la justice sénégalaise, en signant le décret d'extradition des trois 'terroristes' marocains ? La question qui taraude nombre d'observateurs reste suspendue sur toutes les lèvres. L'opinion publique sera bientôt édifiée de la décision finale du Sénégal dans le cadre de ce dossier qui, soutient-on, peut influer sur les relations diplomatiques entre le Sénégal et le Maroc.

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