La Presse (Tunis)

Tunisie: Festival international de Carthage - Concert de Kadhem Essaher - Les grandes retrouvailles !

Après deux ans d'absence, le chanteur irakien Kadhem Essaher s'est produit vendredi dernier à Carthage. C'était un moment de retrouvailles avec le public tunisien. De grandes retrouvailles...

Enfin une soirée dans laquelle l'on reconnaît bien le vrai "visage" du théâtre antique. Un théâtre archi-comble et un public déchaîné. Il est vrai que ce n'est pas forcément un critère de réussite ou de qualité, mais c'est tellement rare cette année !

Le Rossignol de l'Irak, comme on le surnomme, a en effet drainé les foules ce soir-là, comme il l'a d'ailleurs toujours fait lors de ses passages dans notre pays. Preuve que les spectateurs ne lésinent pas sur les moyens quand il s'agit de leurs idoles.

Au menu, un bouquet de chansons de ses deniers albums, mais également de son ancien répertoire. Le concert a duré près de trois heures. Et ce n'était toujours pas assez pour le public, infatigable, qui demandait encore et encore les titres phares de l'artiste et qui semblait prêt à rester jusqu'à l'aube.

Si Kadhem Essaher a pris des années en plus, sa popularité, elle, ne semble pas avoir pris une ride. Est-ce vraiment pour la qualité réelle de son "art" ou grâce au charme qu'il opère ? Dans tous les cas, il est évident que les derniers albums de l'artiste n'ont pas connu les succès des précédents. Loin de là. La récurrence des thèmes abordés dans les chansons et même des métaphores utilisées ainsi que la répétition des mêmes phrases musicales sont manifestes. Ses nouvelles chansons sont, en effet, calquées pour la plupart sur le modèle des autres. Le chanteur n'est plus au sommet de son art, voire en panne d'inspiration.

A la carte...

Un fait étonnant pourtant dans le spectacle d'avant-hier : après chaque chanson, Kadhem Essaher se dirige vers ses musiciens et met du temps pour discuter avec eux. Est-ce pour décider de la chanson suivante au gré des demandes du public ? A vrai dire l'on ne peut pas tâtonner sur son programme lorsqu'on se produit sur une scène comme celle de Carthage. Est-ce une astuce utilisée par l'artiste pour se reposer et souffler un peu ? Nous penchons plutôt pour la seconde hypothèse. Eh oui, notre chanteur a pris de l'âge ! Ce n'est certainement pas l'heure de la retraite, mais Kadhem Essaher est à un stade où il doit sérieusement réfléchir à la manière dont il va gérer sa carrière future pour assurer sa longévité artistique et pour que sa popularité, jusque là restée intacte, ne décline pas.

En attendant, pour son dernier concert, le public était content, la direction du festival international de Carthage, aussi. Est-ce suffisant pour Carthage ?...

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