Design, ingénierie urbaine, grands travaux d'aménagement public ; une belle preuve que le monde a changé. Aujourd'hui, dans l'aéronautique civile, la construction des trains modernes, comme dans la réalisation de projets d'infrastructures, l'heure est aux technologies vertes. Même dans un univers aussi normé que l'architecture et l'urbanisme, un véritable savoir faire vert se développe. Voici venu le temps du génie et du business vert. Est plus intéressant, l'ingénieur ou l'architecte qui offre un meilleur cahier des charges pour réduire les charges d'eau, d'électricité dans le bâtiment et les grosses infrastructures
En Afrique comme dans le monde, la course est aux prouesses les plus folles et les plus exotiques pour ériger qui un pont sur un fleuve, un tunnel dans la mer, une voie ferrée pour le passage du métro ou d'un train à grande vitesse. Au moment où le savoir et les technologies se mondialisent aucun pays ne doit être en reste. La prochaine guerre pour l'humanité devrait être celle de la connaissance et de la performance dans la bonne maîtrise des énergies nouvelles et renouvelables : l'éolienne, le solaire, la biomasse, les éco-matériaux etc.
Dans la course au logement, et aux nouvelles infrastructures, tout le monde veut sa maison au Sénégal, son nouveau quartier assaini et bien aménagé ouvert aux énergies vertes. Mais à quel prix ? Verte ou en banco, en paille, en ou en dur, la future belle maison devrait celle qui réduit considérablement les charges des familles. Et, si dans les villages les plus reculés, à Kédougou et dans les zones rurales de la Casamance et au Saloum, les populations semblent encore très liées à la case en banco et à la paille plus fraiches et plus aérée, les Sénégalais de la ville sont de plus en plus pour la demeure la plus belle. L'infrastructure la plus extraordinaire pour dire (pensez au tunnel de Soumbedioune sous la mer).
Mais marqué par l'insolence et les aspects de la nouvelle modernité, la maison sénégalaise, comme ces nouvelles infrastructures (hôtels, établissements à usage administratif ou commercial etc. sont entrain de devenir un gouffre dans lequel, les dépenses de fonctionnement liées à l'entretien, au coût aux charges en besoins énergétiques secouent les ménages les plus stables au plan social de même que les entreprises les plus solides. Hier, l'on se glorifiait encore dans le centre de Dakar de la prouesse d'édifier les premiers grands immeubles de la ville de Dakar. On se rappelle encore du building administratif construit au début des années 1950 par des ingénieurs français. De Thierry Melot et Roland Depret, architectes à qui on a collé le réaménagement de la Place de l'Indépendance à Dakar avec ses hôtels et immeubles. On encore de l'immeuble de la Bceao dont l'édification calqué sur le parallélisme asymétrique a été l'oeuvre d'architectes sénégalais Cheikh Ngom et Pierre Goudiaby en l'occurrence. On n'oublie encore pas encore le building communal édifié grâce au génie de Fernand Bonamy, longtemps architecte conseil du président Léopold Sédar Senghor.
Le temps commence à faire son oeuvre sur ces ouvrages et il était temps d'inventer autre chose. Ces bâtiments consomment de plus en plus d'eau sans faire attention aux contextes. On met des lampes partout à cause de l'obscurité à l'intérieur. Pour dire que la maison verte dans son véritable nom, n'existe pas encore au Sénégal. Et pourtant, le savoir faire des architectes et de la nouvelle génération d'ingénieurs permettrait de la sortir de terre rapidement. Avec de l'eau tirée d'une source alimentée par des panneaux solaires, des lampes à basse tension ou encore tout un dispositif photovoltaïque permettant de tout brancher sur la lumière du jour, le tour est joué ?
Mais, dans combien de temps sortira le premier modèle de case ou de bâtiment en dur utilisant entièrement de l'énergie renouvelable ? Les questions sont ainsi posées. Le plateau technologique existe aujourd'hui. L'expertise aussi, mais l'on attend encore la future maison verte à faible production énergétique au Sénégal. Dans un pays comme le Kenya, "La consommation d'électricité accrue a forcé le Gouvernement a augmenté sa capacité d'hydro-électricité avec, parmi d'autres, des centrales thermiques plus polluantes. Nairobi est bien doté de l'énergie solaire avec une moyenne de cinq heures de soleil quotidiennement. Les pratiques d'économies d'énergie combinées avec la génération d'énergie solaire pourraient réduire la dépendance aux centrales thermiques polluantes. »
Dans ce contexte, il faut noter que quatre panneaux solaires Kyocera (cumulant 500 watts) ont été installés. L'énergie produite est stockée dans quatre batteries solaires (de 350 heures d'ampli chacun) qui a été précédemment installé comme soutien pour des coupures de courant en cas de baisse de tension provenant du réseau classique. Un chargeur avec un système de traçabilité de prise de courant maximal est utilisé. Le système augmente l'efficacité d'imputation de 17 %. Les panneaux solaires sont montés sur une position qui tourne pour suivre le soleil utilisant une unité de compte électronique simple et un déclencheur de plat de télévisions d'occasion.
Ainsi, le système de traçabilité solaire a permis d'augmenter l'énergie produite de 23 %. Dans des jours ensoleillés, l'énergie quotidienne mesurée stockée dans les batteries est autour de 3 kWh. Nairobi est bien doté de l'énergie solaire. Dans la moyenne, Nairobi a cinq heures de soleil quotidiennement. Cependant, l'eau est chauffée dans la plupart des maisons avec des chaudières électriques, consommant une quantité considérable d'énergie électrique. Un chauffe-eau peut ainsi facilement consommer environ 4 kWh quotidiennement, représentant un coût d'électricité annuel d'autour de 14.700 shillings, le monnaie locale qui vaut entre 70 et 75 unités pour un dollar Us...
Dans certaines maisons de luxe, deux chauffe-eau solaires ont été également été installés : un pour la maison principale et un pour le personnel. Il y a deux modèles différents basés sur des concepts différents. Le premier appareil de chauffage solaire installé a de type conventionnel, assemblé au Kenya, mais avec certains des composants clés faits à l'étranger. Le deuxième est fait en Chine et basé sur un concept très différent. Les deux chauffe-eau solaires fonctionnent de manière très satisfaisante, fournissant l'eau chaude chaque jour, sauf après deux jours nuageux consécutifs.
L'heure est aux éco-matériaux
Au Sénégal, une étude intitulée « Les éco-matériaux comme isolants thermiques des bâtiments : « étude de cas du Projet Pnud/Fem pour la valorisation du Typha au Sénégal », présentée par Ibrahima Niang, a fini de démontrer l'existence de nombreuses possibilités de faire simple avec les produits du terroir. Le jeune chercheur a ainsi proposé, « une série de recommandations concernant l'évaluation des performances du typha à travers la mise en place de prototype, et l'adaptation des méthodes d'isolation thermique en pays chaud Ouest-africain au sud du Sahara comme le Sénégal. »
Dans le sud du Sénégal, en Casamance, le géographe Paul Pélissier dans une étude intitulée, « Les Diola : étude sur l'habitat des riziculteurs de Basse-Casamance , extrait de la revue « Les Cahiers d'Outre-mer », et daté d'octobre-décembre 1958 -- n° 44, a fait la démonstration que la maison verte n'est pas une invention nouvelle pour les populations africaines. Autant dans l'orientation de l'habitat à côté d'un cours d'eau ( la Casamance ici), l'usage des matériaux utilisés (le rônier, le palétuvier) en fonction des zones de terroir (Fogny, Kassa, Kombo etc.), les solutions existent depuis des siècles. Liées parfois au degré de pénétration de l'islam, à l'influence mandingue comme dans le Fogny, et à la persistance de certaines formes de comportement religieux etc.
Entre le hank familial de Niomoun, la case à impluvium de Séléty ou encore, le type de hank à cour fermée de Cajinolle, la région de Casamance a démontré malgré les contraintes climatiques, l'humidité et la chaleur, son savoir faire en matière de construction avec le matériau du terroir. Le type de chaumière utilisée dans le temps est aussi un exemple qu'on peut encore trouver dans certains villages du sud de la Casamance à Effoc par exemple.
De même la case à impluvium central comme à Ouloubaline illustre parfaitement par les formes et la qualité de la chaumière, la prise en compte des contraintes climatiques. Comme du reste la maison diola dite de type mandingue qu'on trouve encore aujourd'hui dans la vallée du Soungrougrou et de la Gambie jusqu'à Kolda et Vélingara. Au final tout cet effort de construction qui a caractérisé l'habitat des premiers gros villages dans le sud du Sénégal illustre bien une stratégie qui est celle de défendre en commun un terroir.
La démonstration du professeur Pélissier, éminent géographe, ami de deux autres éminents géographe du continent : le docteur Amadou Moctar Mbow et le professeur Assane Seck, montre que tout cet effort d'aménagement et de conception n'avait pas pour but de créer une bonne production et une économie d'énergie alliant l'accès facile à la lumière du jour et la fraîcheur de la nuit.
L'objectif était de défendre la concession et de s'adapter au climat. Avec le temps, l'ingénierie naissante, tout a presque changé. Il fallait s'adapter au monde plus moderne. Là, se trouvent ainsi campés les nouveaux défis de l'architecture moderne qui s'est poursuivis au Sénégal sous la forme dite du parallélisme asymétrique qui met en valeur la culture et le génie africain ensemble. Mais que reste-t-il de cette vieille idée du Président Senghor dont le symbole principal comme aime à le rappeler souvent certains grands architectes sénégalais, a été l'immeuble de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest (Bceao).
La toile d'araignée arrive
A côté de cette histoire, les progrès de la recherche en matière de technologies vertes ont révélé l'existence de nombre de trouvailles nouvelles. A savoir les nouveaux matériaux comme les composites que sont la toile tendue, la fibre de carbone, et encore la fibre de verre. On parle ainsi d'architecture à la toile d'araignée. Le descriptif du Programme, « Urbanisme, Architecture, Construction, Décoration » est assez simple.
Il concerne les stratégies pour la valorisation des résultats de la recherche du secteur de l'habitat du Sénégal. Il s'agit entre autres de permettre l'implantation de centre de développement technologique sur tout le territoire national. Une mesure qui devrait offrir une opportunité de très large diffusion des résultats de la recherche du secteur de l'habitat pour l'amélioration du cadre de vie des populations. La réalisation du présent Projet Pilote d'un Cdt, selon les cinq innovations technologiques pour les toitures, les murs et façades et les sols proposées par l'Agence d'Architecture et de Recherche Mbacké Niang, s'inscrivent dans un processus qui concerne l'optimisation des matériaux et des techniques modernes le béton armé, la construction métallique, la construction en bois.
S'y ajoutent d'autres mesures de rationalisation des matériaux et techniques locaux d'origine végétale (bambou, typha), minérale (terre, pierre), d'origine animale (peau et cuir). Parmi ces innovations technologiques nouvelles, on peut aussi faire référence à l'expérimentation des matériaux et des techniques synthétiques. C'est la nouvelle donnée qui semble tout changer en matière d'isolation et de réduction des charges énergétiques de la maison. C'est le cas des toiles, du Pvc, plexiglas, des composites.
En effet, le choix définitif des matériaux et des techniques pour la construction des différents types de bâtiments sera déterminé par les conditions économiques, culturelles et environnementales des sites d'implantation des Centres de développement technologique. Ainsi, la mixité dans la mise en à "uvre des matériaux et techniques de construction sera une alternative à explorer, pour l'optimisation de toutes les performances potentielles des cinq innovations technologiques, pour les toitures, les murs, façades et les sols.
A la loupe...
CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET OBJECTIFS DU MILLENAIRE...
Les pauvres vivent encore dans le noir
Près d'un tiers de l'humanité vit dans le noir faute d'accès à l'énergie, dont 80% résident dans les pays les moins développés et en Afrique sub-saharienne qui n'ont pratiquement aucune chance d'atteindre les objectifs de développement fixés pour 2015, selon un rapport de l'Onu.
L'étude du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) insiste sur l'étroite corrélation entre extrême pauvreté et manque d'accès à l'énergie : En Afrique, moins de 3% des Burundais, des Tchadiens ou des Libériens ont le courant, moins de 5% au Rwanda, en République centrafricaine ou en Sierra Leone, 13% en Birmanie ou en Afghanistan. Alors leur dire d'économiser le courant quand ils n'y ont pas accès, paraît d'une belle absurdité.
"Actuellement, environ 1,5 milliard d'habitants des pays en développement n'ont pas accès à l'électricité et 3 milliards dépendent de combustibles solides (biomasse, charbon) pour cuisiner et se chauffer", indiquent les auteurs. Il en ressort que "79% des populations dans les Pays les moins avancés (Pma) et 74% en Afrique sub-saharienne sont privées d'accès à l'électricité, contre 28% en moyenne dans les pays en développement".
"Compte tenu des niveaux actuels d'accès à l'énergie, il est clair qu'il sera particulièrement difficile à ces pays d'atteindre les Objectifs de développement du Millénaire", fixés par l'Onu en 2000 pour espérer diviser par deux la pauvreté d'ici 2015, estime Minoru Takada, responsable Energie et Environnement du Pnud à l'Afp.
Pour atteindre ce but, il faudrait qu'environ 1,2 milliard de personnes supplémentaires bénéficient de l'électricité et 1,9 milliard de combustibles modernes pour se chauffer et cuisiner. "Apporter l'électricité à chaque foyer coûterait environ un dollar par personne pour un service minimum", ajoute M. Takada pour qui la "meilleure option pour équiper les zones rurales reculées serait "du petit hydraulique ou du micro-solaire voltaïque".

Comments Post a comment