Vingt journalistes ont reçu, mardi 10 août, leur certificat de fin de formation sur les techniques de journalisme d'investigation. C'était au terme d'un programme initié par l'institut supérieur des sciences de l'information et de la communication (Issic) aux techniques de journalisme d'enquête en partenariat avec l'Usaid, le forum Civil et le Pays- Bas. Occasion choisie par Abdou Latif Coulibaly, directeur de l'Issic pour plaider pour la création d'un réseau de journalistes d'investigation.
La pratique du journalisme d'enquête n'est pas encore très courante dans les rédactions Africaines. C'est le constat des professionnels de l'information et de la communication. La déclaration a été faite, mardi 10 août, lors de la cérémonie de remise de certificat de fin de formation aux techniques de journalisme d'investigation. Une formation dispensée par l'institut Supérieur des sciences de l'information et de la communication (Issic).
Selon, Abdou Latif Coulibaly, directeur de l'Issic, par ailleurs, directeur de publication du journal « la gazette » : « nous, le reconnaissons. Pourtant, de nombreux spécialistes en conviennent, aujourd'hui, pour dire que cette spécialité apparaît de plus en plus comme une nécessité qui s'impose à nous journalistes exerçant sur ce continent ».
Dans le souci d'éradiquer cet état de fait, l'Issic avec le soutien de l'Usaid, du Pays- Bas et du forum Civil, a formé, pour cette année 2010, une vingtaine de journalistes dans son programme décentralisation. D'où la pertinence de renforcer l'enquête dans les rédactions. « Le journalisme d'enquête peut apporter à nos peuples qui sont encore en quête d'une citoyenneté, en aidant à une bonne conduite des projets démocratiques, dont la construction est encore insuffisamment achevée, ne peut être estimé.
A condition, toutefois, que celle-ci soit bien maîtrisée et exécutée de façon rigoureusement professionnelle », a estimé M. Coulibaly avant de plaider pour la mise sur pied d'un réseau de journalistes d'enquête comme dans d'autres pays Africaines : « il nous faut un réseau de journalistes engagés au Sénégal et je suis disposé à travailler avec eux, à leur guider. » Le directeur de l'Usaid, Kévin J Mullally, s'est réjoui de la formation qui selon lui, contribue à renforcer la transparence et l'imputabilité, la lutte contre la corruption et la consolidation de la démocratie Sénégalais.
Ainsi a soutenu, M. Mullally : « un chercheur de haut niveau à Freedom House, disait que l'indicateur de liberté de la presse constitue l'un des principaux instruments permettant d'évaluer l'état de santé d'une démocratie. Il est donc inquiétant de constater que dans le Rapport 2010 sur la liberté de la presse, le Sénégal figure sur la liste de six pays ayant connu un recel de 15 à 20 points entre 2005-2010 ». Et de poursuivre : « bien que le Sénégal soit une démocratie très stable dans une région instable, ce recul aux classements de transparency International et de Freedom House liés à la perception de la corruption et aux libertés politiques suggère qu'il reste du travail à faire ».
Du côté des récipiendaires, la formation est un acquis dans le métier de journalisme. « Nous avons cheminé avec nos formateurs pendant un mois, nous avons partagé nos expériences et acquis des connaissances dans le cadre du journalisme d'enquête. Ce qui est tout bénéfique pour nous. Elle n'est pas cependant une fin en soi, puisqu'il y a d'autres domaines à explorer pour parfaire nos connaissances du journalisme », a déclaré Mme Denise Zarour Médang du journal Sud quotidien.

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