Sidwaya (Ouagadougou)

Burkina Faso: Entre inquiétudes et espoirs des acteurs

-Pendant que les uns manifestent des sentiments de satisfaction quant au déroulement de la campagne agricole au cours de cette 1re décade du mois d'août dans l'ensemble de la province du Namentenga, d'autres par contre émettent des inquiétudes quant à l'avenir de leurs champs inondés et les activités de contre saison hypothéquées par la rupture des retenus d'eau.

Les techniciens pensent pour leur part qu'une bonne répartition spatiale et temporelle des pluies jusqu'à la mi-octobre garantirait une bonne campagne agricole. Sur la situation technique de la campagne, le directeur provincial de l'Agriculture de l'Hydraulique et des Ressources halieutiques (DPAHRH) du Namentenga, Florent Ouédraogo a indiqué qu'au plan végétatif, le niébé, le voandzou, l'arachide sont au stade de levée- ramification ; le sorgho, le mil, le riz pluvial au stade tallage, le riz irrigué au stade pépinière levée ; le sésame au stade de levée. L'état phytosanitaire est jugé calme : Des cas d'attaque de chenilles ont été observés sur le riz pluvial, mais cette situation a très vite été anéantie par les grandes pluies.

Si les grandes pluies ont contribué au remplissage total de tous les plans d'eau de la province, il est cependant à signaler avec regret que les digues des barrages ont été mises à rudes épreuves. Les digues routières de Niounougou et de Tougouri ont cédé, celle de Bonam fissurée et celles de Bouroum et de Zéguédeguin se sont affaissées. Des champs ont été inondés. Les activités de contre saison dans les périmètres aménagés en aval des barrages de Tougouri et de Niounougou demeurent hypothétiques pour la campagne à venir.

Le cumul pluviométrique au 31 juillet est de 705 mm d'eau dans la province en 24 jours de pluies. A la faveur des différentes interventions de la Société nationale de gestion des stocks de sécurité à travers la vente des céréales à prix social, et d'autres partenaires de l'Etat, la situation alimentaire dans la province bien avant difficile a été atténuée un tant soit peu.

Sur la place du marché de Boulsa, les céréales sont disponibles mais les prix selon les consommateurs ne sont pas à leur portée. Pour Youma Idrissa, commerçant de céréales à Boulsa, le sorgho blanc et le maïs se vendent à 450 francs le Yoroba (unité de mesure de la localité) soit 18 000 francs le sac de 100kg. C'est le même prix à la même période en 2009. « Nous payons nos céréales hors de la province » a-t-il ajouté.

Le sorgho est acheté à Bobo Dioulasso province du Houet et le maïs dans la province de la Kompienga. « La consommation du mais est désormais rentrée dans les moeurs des populations. Voila pourquoi il est maintenant au même prix que le sorgho blanc », a-t-il expliqué. L'arachide, l'aubergine locale et le maïs frais sont disponibles sur la place du marché depuis plus de dix jours. Toute chose qui indique que la période de soudure va à son terme.

Pour Sawadogo Rasmané un des agro businessman de la province, cette campagne se présente bien pour le moment et il souhaite qu'elle se termine bien. « Seul le paresseux se mordra le doigt cette année » a-t-il dit. Selon le DPAHRH ,la campagne agricole 2010-2011 pourrait être satisfaisante à condition que les champs inondés soient récupérés ,les digues reconstruites et la répartition spatiotemporelle de la pluviométrie soit bonne jusqu'à l'achèvement des cycles culturaux des différentes cultures (mi-octobre).

Les inondations de certaines parcelles de cultures, l'inaccessibilité de certains villages, la rupture des digues des barrages, l'insuffisance des ressources (humaines, matérielles et financières) sont entre autres difficultés qui pourraient gêner l'atteinte des objectifs de la campagne 2010-2011, a-t-il souligné.

Selon le Docteur vétérinaire Saïdou Christophe Kongo, directeur provincial des ressources animales, les animaux en transhumance reviennent à la faveur de l'abondance du couvert végétal. Ainsi M Kongo nourrit l'espoir qu'avec la loi sur le foncier, les éleveurs trouveront des solutions à leurs problèmes. Les exploitants agricoles réduisent au fils des années l'espace pâturable des animaux par le défrichage des nouveaux champs.


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