Kinshasa — Près de 23 étudiants venus de divers pays africains suivent régulièrement les cours en vue d'acquérir une expérience en cinématographie.
Vingt-trois étudiants venus de divers pays africains suivent régulièrement les cours en vue d'acquérir une expérience en cinématographie. A en croire Africulture, le programme dure dix mois, avec des cours proposés notamment sur l'écriture de scénario et réalisation, prise de vue et éclairage, et montage et son. Le dirigeant de cette école, Abraham Hailé Biru, directeur de la photo et réalisateur, l'a déclaré au cours d'une interview accordée récemment au ministre français des Affaires étrangères, Olivier Barlet. C'était à l'occasion de la 63ème édition du festival de film de Cannes, organisée en France. L'occasion était donc indiquée pour le dirigeant de cette école non seulement de rencontrer des gens qu'il n'a jamais croisés. Mais aussi et surtout d'expliquer ce que son école a déjà réalisé et ce dont elle a besoin. L'unique école de cinéma d'Afrique de l'Est, la « Blue Nile Film and Television Academy », un organisme privé.
Academy existe à Addis Abeba depuis 2007. Les élèves qui se trouvent juste au milieu de leur formation, ont déjà eu à réaliser des films de mariage et des types de reportages, avec comme ambition de devenir cinéastes. Ils terminent après dix mois. Ce qui leur permet d'avoir un savoir-faire de base.
Profitant de sa participation à un atelier sur l'enseignement, Abraham Hailé Biru a sollicité le soutien international sur son institution : « Plutôt que de faire venir deux ou trois étudiants ici en France, ou en Europe, il serait mieux d'envoyer un formateur en Ethiopie ». Ce soutien a été enfin accordé à ce directeur de la photographie et réalisateur à l'école la Blue Nile Academy d'Ethiopie.
En tant que chef opérateur en Afrique, Abraham Hailé Biru a indiqué qu'il y a des jeunes qui veulent faire des films, avec leur talent. Mais, a-t-il déploré, n'ont aucune expérience cinématographique. Avant de dévoiler les raisons qui l'ont poussé à ouvrir cette école : « En Ethiopie, tout le monde critique les jeunes, mais personne ne leur explique comment faire des films. Il n'y avait aucune école, nulle part en Afrique de l'Est. Raison pour laquelle je me suis décidé d'ouvrir une école pour ma région ».
Le directeur Abraham Hailé Biru a tout de même déploré le manque criant du cinéma et des arts visuels en général en Ethiopie, le justifiant par le fait que le gouvernement éthiopien ayant d'autres priorités.
Abraham Hailé Biru a, par ailleurs, relevé le fait qu'il est très difficile de trouver des professeurs en Ethiopie, faute d'expériences en la matière que manquent certains Ethiopiens.
« J'ai trouvé deux ou trois personnes âgées de 55 à 60 ans qui, à l'époque socialiste, ont étudié en Europe de l'Est. Quand ils sont rentrés en Ethiopie, ils n'ont pas pu continuer parce qu'il n'y avait pas de travail en cinéma. Le gouvernement les a placé dans son institut télévisuel, les a chargés de différents programmes de formation, mais ils n'ont pas pu travailler en cinéma. Ils manquent donc de l'expérience pratique, mais ils connaissent la théorie », a-t-il laissé entendre.
Face à cette carence en connaissance pratique, Abraham Hailé Biru était donc obligé de dispenser la partie pratique et la théorie a été laissée à ces trois personnages.
« Parfois, nous avons la chance d'avoir des gens qui viennent travailler sur des documentaires ou des courts-métrages en Ethiopie, à qui je demande de venir animer des ateliers sur un ou deux jours », s'est-il félicité.
Abraham Hailé Biru a aussi reconnu que son école entretien des relations avec Maji-Da Abdi, la femme d'Abderrahmane Sissako ayant créé un festival de films en Ethiopie. Car, a-t-il expliqué, la capitale éthiopienne est la « capitale de l'Afrique puisque nous avons le plus de radios, le plus d'universités, et beaucoup de grandes organisations. Donc, c'était insensé qu'il n'y ait aucun festival jusque là ». Et Habram d'ajouter que ce dont ils ont le plus besoin, c'est d'éduquer les jeunes. « C'est bien un festival, mais l'argent que l'on y dépense pourrait servir à l'enseignement pour les trois à cinq ans à venir. Une fois qu'un cinéma éthiopien aura émergé, ça serait bien un festival », a-t-il proposé.
Selon Habram Hailé Biru, en Ethiopie, il existe aussi un mouvement comme ailleurs où des jeunes prennent des caméras et font leurs propres films. Mais, en Ethiopie, la qualité reste médiocre. Car en Ethiopie, les jeunes manquent de savoir-faire cinématographique, ils n'ont pas de bases filmiques. Ils essayent, mais ils n'ont reçu aucune formation, ni une éducation cinématographique.
« Dans leurs essaie, d'aucuns estiment que c'est bien, mais je ne suis pas de cet avis ». Car, a-t-il expliqué, l'essaie ne mène pas au meilleur si l'on n'a pas de bases. D'après lui, les jeunes européens sont habitués à réfléchir en images. Mais le problème en Ethiopie, c'est que nous sommes très limités en terme d'images.

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