Douze étudiants et deux professeurs marocains figuraient parmi les centaines de personnes venues de toutes les régions des États-Unis et du monde pour passer une semaine au camp spatial de Huntsville (Alabama), consacré aux voyages dans l'espace et à tous les éléments afférents, à savoir, la science, la technologie, le dur labeur et la coopération.
Américain d'origine marocaine, M. Kamal Oudrhihi est scientifique principal au Jet Propulsion Laboratory de la NASA, l'agence spatiale des États-Unis. Il dit que le travail d'équipe est crucial au succès de la NASA. « A la NASA, qu'il s'agisse de mettre un engin spatial sur une autre planète ou d'envoyer une mission habitée, nous avons des centaines de personnes qui collaborent très étroitement pour assurer le succès de la mission », a déclaré M. Oudrhihi.
Le séjour d'une semaine des jeunes Marocains et de leurs professeurs au camp spatial de Huntsville était parrainé par le département d'État. Il visait à les familiariser avec les défis qu'il faut relever pour lancer des missions dans l'espace, en les faisant participer directement à diverses activités, y compris un voyage simulé à bord d'une navette spatiale à la fin de leur visite.
La jeune Mariam Zerkti El-Ayadi, âgée de 16 ans, a dit qu'elle avait posé sa candidature pour participer à ce programme par le biais de l'ambassade des États-Unis à Rabat. La raison : elle souhaite devenir astronaute. Au troisième jour de son séjour, elle s'est rendu compte du grand nombre de gens et de la vaste coordination nécessaires pour envoyer quelqu'un dans un engin spatial, que ce soit en orbite ou beaucoup plus loin.
« J'aime le travail d'équipe », a-t-elle dit. « J'aime tout ce qu'on apprend au sujet des fusées et comment on les fait fonctionner et comment on peut travailler en équipe. » Et travailler en équipe est exactement ce qu'ils font au camp spatial. Tout au long de la semaine, les Marocains et les autres étudiants ont appris que la communication et la coordination étaient des facteurs essentiels au succès de toute mission dans l'espace.
M. Al Whitaker est directeur des relations avec les médias au centre spatial ; il a déclaré que le programme de formation était rigoureux avec de longues journées de 14 heures parfois et seulement quelques pauses brèves. « Nous voulons les pousser à faire plus. Nous voulons les faire travailler dur. Nous voulons les voir faire des efforts mais aussi réussir », a souligné M. Whitaker. « Nous voulons qu'ils rentrent chez eux et qu'ils disent qu'ils ont pu faire atterrir la navette avec le sentiment d'avoir accompli quelque chose. »
Des étudiants maroccains au camp spatial de la NASA.
Au camp de Huntsville, les étudiants utilisent une grande partie du même matériel que la NASA utilise pour préparer ses astronautes aux voyages dans l'espace, dont l'équipement qui simule l'apesanteur sur la lune ou la force de gravité. L'un des exercices les plus difficiles est peut-être celui qui avait servi pour les missions Mercury au début des années 1960 pour préparer les astronautes aux différentes situations si leur capsule spatiale virait de sa trajectoire au retour dans l'atmosphère terrestre. Cet exercice, a expliqué M. Oudrhiri est l'une des leçons les plus importantes de la semaine passée au camp de Huntsville.
« Il est évident que la plupart du temps, les choses ne se passent pas comme prévu ; alors que faire ? », dit-il, ajoutant qu'il s'agit de donner aux futurs astronautes ou aux étudiants les compétences nécessaires pour comprendre puis résoudre les divers problèmes qui pourraient se produire.
L'un des deux professeurs accompagnant les jeunes Marocains, Mme Ouidad Infi, a indiqué que son séjour au camp spatial allait changer sa façon d'enseigner. « Au Maroc, nous avons de très bons étudiants mais la plupart de nos programmes sont théoriques, alors il serait bien intéressant d'ajouter des cours pratiques », a-t-elle souligné.
Avant de quitter le Maroc pour leur séjour au camp spatial, les étudiants avaient participé à une session d'orientation à l'ambassade des États-Unis à Rabat qui avait compris aussi une téléconférence avec M. Oudrhihi, en Californie. Le chercheur d'origine marocaine leur a parlé de son expérience à la NASA, soulignant qu'il ne fallait pas être un génie de mathématiques pour être employé par l'Agence spatiale des États-Unis, comme certains le croient. Il faut simplement, dit-il, faire le meilleur travail possible dans son domaine.
« Il n'est pas réellement nécessaire de faire de la physique ou des maths » mais il faut avoir de bonnes notes, a ajouté M. Oudrhiri. « La NASA a des gens qui sont experts dans divers domaines - biologie, chimie, médecine - ou qui sont écrivains ou graphistes. Alors, les élèves étaient ravis, se disant qu'ils pourraient eux aussi travailler à la NASA ! »
Le séjour au camp spatial est l'un des nombreux programmes parrainés par l'ambassade des États-Unis à Rabat pour tendre la main à la jeunesse du pays et promouvoir les échanges scientifiques et technologiques à tous les niveaux. L'astronaute de la NASA, M. Robert Satcher, s'est rendu cette année au Maroc pour parler de son expérience à bord de la navette américaine et de la Station spatiale internationale avec des élèves du secondaire et des étudiants universitaires. L'envoyé spécial du président Obama pour la science, M. Elias Zerhouni, a rendu visite à de hauts responsables marocains pour les encourager à élargir les échanges scientifiques et technologiques entre les États-Unis et le Maroc.
Le camp spatial a suscité un intérêt énorme chez la jeunesse marocaine et l'ambassade américaine a reçu d'innombrables demandes d'information à ce sujet par téléphone et sur sa page sur Facebook ; plus de 100 étudiants avaient rempli les conditions rigoureuses pour être interviewés pour le programme.
Mlle El-Ayadi a souligné que son séjour au camp de Huntsville aurait un effet positif sur son avenir et qu'elle encouragerait ses amis à essayer de participer à ce programme. « Je leur dirai qu'ils apprendront beaucoup, qu'ils rencontreront des gens nouveaux, des gens fantastiques, et se familiariseront avec des cultures nouvelles. C'est vraiment, sans aucun doute, une occasion qu'il faut saisir. »
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