Les députés de l'opposition ont mal digéré le rejet par le président de l'Assemblée nationale de la demande de poursuite du chef de l'Etat pour son implication supposée dans l'affaire ICC-Services. Confirmant sa décision prise en réunion du bureau mercredi dernier, le président Mathurin Nago a écrit aux 48 signataires de la requête pour leur signifier le rejet de la demande. Cette réponse a suscité de vives réactions hier à l'Hémicycle.
Le président de l'Assemblée persiste et signe. La demande de poursuite contre le chef de l'Etat par les députés de l'opposition est irrecevable. A l'ouverture de la plénière, les députés de l'opposition l'ont interpellé sur sa décision de rejet, estimant qu'il a outrepassé ses prérogatives. Ils lui ont dit de leur indiquer sur quel texte de loi il s'est appuyé pour prendre sa décision. L'opposition parlementaire à dénoncé la violation des lois de la République et trouvé que le point de vue du président Nago n'est pas majoritaire et par conséquent ne saurait se substituer à la plénière, a dit le député Ismaël Tidjani Serpos. Pour Antoine Idji Kolawolé, la requête introduite n'est pas une proposition de loi pour qu'il la déclare irrecevable.
«A cette façon de fonctionner, vous êtes complice de l'obstruction de notre Parlement. Cela est inacceptable». La députée Hélène Kêkê Aholou a répliqué en déclarant que « nous sommes dans une République qui a des lois. Il y a des institutions qui peuvent dire si vous avez tort ou raison, a-t-elle dit avant d'ajouter que si l'acte pris par le président est irrégulier, qu'ils le soumettent au contrôle de la constitutionnalité. Djibril Mama Débourrou dira qu'il est « peiné » de voir des gens donner des leçons au président de l'Assemblée. Les textes disent que c'est le président de l'Assemblée qui déclare l'irrecevabilité des lois, a-t-il affirmé. Le député PRD, Edmond Zinsou, s'est demandé si le président de l'Assemblée dispose d'un droit de veto ?
« Nous sommes seulement à un tournant »
Pour Sacca Fikara, le texte de loi sur lequel le président de l'assemblée s'est fondé pour prendre sa décision n'est pas celui en vigueur. Il aurait été déclaré anticonstitutionnel. Il s'est dit être dépassé par les évènements. Le député Sabi Moussa a rassuré ses collègues. Pour lui, le pays n'est pas en danger. « Nous sommes seulement à un tournant », a-t-il conclu. Le député Epiphane Quenum a déclaré que ceux de ses collègues qui renvoient les gens à la Cour ont d'autres motivations. Pour lui, «le président Nago organise l'obstruction parlementaire ». Il dira ensuite «que le président de l'Assemblée ne peut pas décider de l'arrêt de la procédure de la comparution de chef de l'Etat. Il a conseillé au président de l'Assemblée de ne pas se mêler de ce dossier avant d'indiquer que le Parlement usera de ses prérogatives.
De tout temps, le Parlement s'est toujours intéressé aux dossiers de corruption. C'est le cas des affaires Kowacs et Cissé. Le député Benoît Dègla a déploré l'arrogance et le manque de respect de certains députés. Il a invité le président à arrêter le débat. Il dira que dans la lutte contre la corruption, les députés en face sont très mal placés. « Ils sont auteurs de tous les scandales», a-t-il dit pour conclure. Timothée Gbèdiga s'est, quant-à lui, interrogé sur la souveraineté de l'Assemblée. Il a souhaité que la question soit passée au vote. «La plénière qui est souveraine doit trancher».
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