Dans le cadre de la Mission conjointe des Nations Unies et de l'Union africaine au Darfour ( Minuad), le Sénégal envoie pour la première fois une unité de police constituée au Soudan. Cette unité forte de 140 éléments qui ont reçu le drapeau du ministre de l'Intérieur, hier jeudi 19 août à l'Ecole nationale de Police et de la formation permanente est attendue au Darfour 23 août prochaine pour une durée de 12 mois. Elle a pour mission de « sécuriser les personnes déplacées à Elgeneina » à la frontière avec le Tchad.
140 éléments, composés d'officiers, sous officiers, gradés et agents de police sont attendus au Darfour le 23 août prochaine pour une durée de 12 mois. Ils étaient tous au rendez-vous pour recevoir les recommandations du ministre de l'Intérieur Bécaye Diop. Une cérémonie riche en fanfare qui a eu lieu hier jeudi 19 août à l'Ecole nationale de police et de la formation permanente. A cette occasion, le Lieutenant-Colonel Pape Samba Mboth, Chef du contingent, a rappelé les missions de ses troupes. Selon le Lieutenant Colonel, ses « hommes ont pour mission de sécuriser les personnes déplacées qui sont à Elgeneina, une région située à l'Ouest du Darfour et qui est frontalière avec le Tchad ». Cette unité aura aussi en charge de « sécuriser et protéger les populations du Darfour pour que la paix et la stabilité reviennent dans cette région meurtrie du Soudan ». Ils ont aussi comme mission secondaire d'« assister les Nations Unis dans leurs différentes missions et les Organisations non gouvernementales qui interviennent dans l'Humanité au Darfour ».
Selon le Lieutenant-Colonel, Pape Samba Mboth, les deux tiers de l'effectif sont composés d'éléments d'intervention. Cela s'explique par le fait qu'au Darfour « il y a toujours des otages qui sont pris tous les jours. C'est la raison pour laquelle il y a des spécialistes dans l'intervention. C'est dans ce cadre que la police sénégalaise a été sollicitée. Ainsi, la réalisation de ces objectifs « exige de mes éléments un attachement sans faille aux valeurs cardinales du Sénégal, au respect du serment qu'ils ont fait de servir comme le stipule la devise de la police nationale « Dans l'honneur, au service de la loi ». Le Lieutenant-Colonel d'informer que la police Sénégalaise a auparavant envoyé des observateurs, des policiers individuels (ou Ipo - Individuel police officiel) et maintenant ce sont des Formes police unique, c'est-à-dire des Unités constituées.
C'est dans ce sillage que le ministre de l'Intérieur Bécaye Diop a tenu à rappeler que la génération de la Senfpu 2 est « la première Unité constituée de la Police sénégalaise à participer à des opérations extérieures ». Ce qui est un défi de premier ordre « vite relève grâce à la synergie d'actions entre principalement la Police Nationale et l'Armée Nationale », a indiqué le ministre de l'Intérieur. Selon lui, l'engagement des uns et des autres a ainsi permis « la mobilisation des 140 éléments sélectionnés selon des critères rigoureux et regroupés pendant près de 13 mois entre l'Ecole nationale de police et de la formation permanente et les centres d'entrainement de l'Armée Nationale pour y subir une préparation et une formation tactiques et technique aptes à leur permettre de réussir leurs missions ». S'adressant aux 140 éléments, le ministre de l'Intérieur les recommande « de faire preuve d'un esprit de discipline, de rigueur morale et de respect des règles et coutumes du pays hôte. D'avoir toujours à l'esprit que votre devoir au Darfour est déjà clairement défini par le mandat de la Mission hydride des Nations Unies et de l'Union Africaine au Darfour ».
Les femmes dans les Unités constituées
Concernant l'envoi des femmes policières, pour une intervention, le Lieutenant, Colonel Pape Samba Mboth, a tenu à informer qu'il y a des femmes qui sont déjà allées au Darfour comme observatrices « Ipo ». Selon lui, les services constitués sont des missions très difficiles. Il faut rester un an dans un camp. Ce qui n'est pas une affaire de femme à cause de la maternité. Ce n'est pas parce que nos femmes ne sont pas capables, mais c'est un problème qui se pose car elles sont appelées à être mère, et le terrain ne s'y prête pas pour le moment. Le Darfour est très hostile pour les femmes a-t-il expliqué.

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