L'Express (Port Louis)

Afrique: Traite négrière - «On est tous responsable de l'esclavage», estime le Pr Richard Allen

Port Louis — Pour Richard Allen, professeur d'histoire, «tout le monde est coupables de l'esclavage». C'est l'opinion qu'il a exprimée ce lundi 23 août, dans le cadre de la Journée internationale en souvenir de la Traite négrière et de son abolition

Invité par la Commission Justice et Vérité, Richard B. Allen a déclaré que «tout le monde est coupable parce qu'il n'y a pas une seule population au monde qui n'est pas concernée par l'esclavage». L'historien procédait alors à une présentation du commerce britannique d'esclaves aux 17e et 18e siècles.

Dans le cadre de la Journée internationale du souvenir de la traite négrière, le professeur d'Histoire au Framingham State College, dans le Massachussetts, Etats Unis, a livré devant un parterre d'étudiants de l'université et d'historiens, quelques détails de sa récente étude méthodique du commerce britannique d'esclaves aux 17e et 18e siècles. Richard B. Allen avance aussi que chacun a le droit de connaître son histoire et d'être informé sur ses origines.

«Cet historien est un expert de Maurice. C'est un plus d'avoir une tierce personne pour avoir des vues différentes, pour ainsi aider le débat. Nous voulons que le rapport de la Commission Justice et Vérité ait une valeur internationale. Après tout, c'est la première et unique commission instituée sur l'esclavage. Et il ne faut pas oublier que Maurice est la plaque tournante de la Traite dans l'océan Indien», a déclaré, pour sa part, Vijaya Teelock, vice-présidente de la Commission Justice et Vérité.

Et d'ajouter que la Commission vient de financer le voyage de deux jeunes chercheurs. Ces derniers sont rentrés de France où, avec une autre Mauricienne qui s'y est établie, ils ont compilé des éléments sur le nombre de bateaux qui sont venus à Maurice depuis le début de la colonisation française. Ce qui représente aussi l'époque du plus important commerce d'esclaves dans l'océan Indien.

«On veut savoir combien d'esclaves sont venus à Maurice, y compris ceux qui sont morts à bord pour essayer de comptabiliser tout cela et estimer le coût de la vie humaine en termes d'années de travail accompli», explique Vijaya Teelock.

Depuis son institution, la Commission Justice et Vérité, qui emploie à plein temps et à temps partiel plus de 50 personnes, a enregistré quelque 400 doléances. Toujours selon sa vice-présidente, seulement une cinquantaine ont été entendues jusque là. Parmi, ceux qui souhaitent connaître leur origine ou encore des cas d'expropriation de terrain. Les auditions ont lieu chaque mercredi.

Rappelons que le Pr Richard B.Allen signe un ouvrage intitulé Esclaves, libres et travailleurs engagés à Maurice (Presse de l'Université de Cambridge - African Studies Series, 1999 )


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