Montréal — Le Canada, une superpuissance minière en Afrique. En moins d'une vingtaine d'années, le Canada a réussi à devenir un leader en Afrique dans les domaines des investissements miniers. Seulement cette position de leader est menacée désormais par la Chine qui dévoile un appétit minier grandissant pour le continent noir.
Les investissements miniers du Canada en Afrique seront de l'ordre de 21 milliards de dollars en 2010. A travers un document du ministère des Ressources naturelles du Canada (Rnc), l'on est impressionné par cette fulgurante expansion à travers l'Afrique. Le Canada a réussi, sur une période d'une vingtaine d'années, a bousculé les traditionnels investisseurs dans ce domaine venant souvent des anciennes puissances colonisatrices comme l'Europe, mais aussi des pays comme les Etats-unis, la Russie, l'Asie, mais surtout l'Afrique du Sud avec plus de 35 % des actifs et investissements, devance de peu le Canada. Les investissements canadiens miniers en Afrique ont triplé entre 1989 à 2010. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. De 233 millions de dollars en 1989 ; 635 millions en 1995 ; 2,8 milliards $ en 2001; 6,08 milliards $ en 2005 ; 14,7 milliards $ en 2007 ; et pour 2010 les prévisions atteignent 21 milliards $.
Cette montée en puissance a été accompagnée par une ruée des entreprises canadiennes en Afrique. Si en 2001, on comptait environ des activités minières canadiennes dans 24 pays ; en 2007, elles sont plus de 35 à s'activer sur le continent noir. Seulement 92 % des investissements canadiens étaient concentrés dans huit pays, selon Rnc notamment l'Afrique du Sud (25 %), la Rd Congo (17 %), Madagascar (13 %), la Zambie (10 %), la Tanzanie (9 %), le Ghana (6,5%), le Burkina Faso (4,7 %) et la Mauritanie (3 %). Le Mali est l'un des derniers pays à accueillir cette furie canadienne dominatrice à l'échelle du continent puisque la menace sud-africaine n'est pas réelle du fait que la présence de cette dernière est concentrée sur son propre territoire.
Le leadership canadien n'est pas le fruit d'un hasard du fait d'une longue tradition minière qui a amené les dirigeants successifs des gouvernements fédéraux à inciter les entreprises nationales à investir en Afrique. Une vision qui s'est traduite en un véritable succès puisque Rnc note qu'en 2001, l'Afrique représentait 11 % des 25,8 milliards de dollars en actifs miniers cumulés du Canada. Ce chiffre va atteindre 17 % sur le total de 85,9 milliards en 2007. Selon Rnc, l'activité minière comptait pour 4 % du Produit intérieur brut (Pib) du Canada, avec 64 milliards de dollars en exportations et 30 milliards de dollars en dépenses en capital. Elle emploie plus de 400 mille personnes.
L'histoire minière du Canada en Afrique
Le Canada a profité du vent de libéralisation des entreprises en Afrique dans les années 90, imposé par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, pour s'installer en Afrique. Une opportunité saisie par les dirigeants fédéraux qui, néanmoins, ont eu à adopter souvent des lois pour favoriser le développement minier national. Pure coïncidence. Le vent de libéralisation des années 90 en Afrique s'est déroulé au moment ou le Fédéral, sous l'influence des associations industrielles, mettra en oeuvre une vaste stratégie pour soutenir l'expansion des investissements et des activités à l'étranger selon Africa Files. 'La privatisation des entreprises d'Etat, pour permettre l'entrée des investissements étrangers, a ouvert la porte aux entreprises étrangères ; parmi celles-ci, les Canadiennes vont prendre la position de tête, particulièrement les petites entreprises d'exploration, mieux connues sous le nom de 'juniors'. Ces dernières sont une marque de commerce du Canada : sur les 1 223 entreprises minières inscrites à la Bourse de Toronto, la plus importante au pays, plus de 1 000 sont des juniors', écrit Fodé-Moussa Keïta auteur d'une thèse de Doctorat sur 'Les sociétés minières canadiennes d'exploration et de développement du secteur de l'or ; les impacts de leurs activités en Afrique de l'Ouest' à l'Université du Québec à Montréal.
Le leadership canadien a été surtout le résultat de politiques fiscales incitatives mises en place rapidement par le Fédéral. Le Canada est ainsi parvenu à surprendre les autres investisseurs miniers du fait que les entreprises canadiennes, qui choisissent d'investir en Afrique, auront une déduction fiscale pour les dépenses effectuées à l'étranger, une déduction pour les emprunts (et les intérêts) effectués à l'étranger, l'exemption d'impôt pour les profits rapatriés au Canada, la déduction jusqu'à 100 % des investissements pour l'exploration et le développement de projet quand ils doivent être effectués par l'entreprise elle-même. Les entreprises auront aussi la possibilité de rassembler leurs états financiers respectifs en une seule comptabilité pour le calcul des taxes à payer au Canada, permettant ainsi de rabaisser les profits des projets les plus rentables avec les pertes des projets d'exploration, moins rentables et aussi des déductions pour l'amortissement et l'amortissement accéléré.
Une menace chinoise...
Tout comme les autres puissances minières, le Canada s'inquiète de la Chine qui prend de plus en plus une place considérable dans ce segment en Afrique. Certes, si la menace n'est pas encore une réalité du fait de la faiblesse de l'importation de matière première estimée à peu près à neuf milliards de dollars en 2009, on contrôle cette marche chinoise en Afrique. Le continent noir apprécie bien la montée en puissance de la Chine qui y réalise 10 % de ses Investissements directs à l'étranger (Ide). Elle consacre aussi à l'Afrique la moitié de son aide au développement. La voracité chinoise en mines pour accompagner une économie devenue la seconde au monde derrière les Etats-unis se traduit par un regain d'intérêt pour le sous-sol africain qui fait l'objet de convoitises énormes surtout avec les demandes venant de nouveaux pays comme le Brésil et l'Australie.

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je voudrais savoir comment reconnaître une bonne société junior et une mauvaise