Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Brazzaville: Marché de la farine de blé de Minoco : les acteurs concernés se retrouvent en octobre

Kinshasa — Le ministère du Commerce, les partenaires sociaux et les responsables de la société Minoterie du Congo (Minoco) se retrouveront en octobre prochain pour statuer sur la question concernant la farine de blé.

Les responsables du syndicat patronal des boulangers et pâtissiers du Congo devaient faire un compte rendu aujourd'hui, aux boulangers, au cours de leur assemblée générale, qui a été reportée à une date ultérieure.

Le compromis a été trouvé entre le ministère de tutelle et les responsables du syndicat, qui ont étayé certaines difficultés rencontrées par les boulangers dans l'exercice de leur métier.

La première préoccupation concerne la note de service du 12 avril 2010, portant suspension de la délivrance des licences d'importation de farine de blé. Elle a été prise à titre provisoire, dans le cadre de la rationalisation des approvisionnements du marché national en intrants de boulangerie.

Ainsi, selon le président du syndicat, Émmanuel Zoula, aucun importateur n'a le droit d'importer, étant entendu qu'il existe sur place une société qui fait venir le blé et le transforme en farine. Le mieux serait d'acheter la farine sur place.

Conséquemment, le monopole est accordé à Minoco, alors qu'une petite ouverture à l'importation s'avère nécessaire en cas de problème d'approvisionnement. « Si le ministère ne peut pas reconsidérer sa note de service, qu'elle accorde un petit quota à la farine importée.

Nous l'avons informé de l'existence d'un arrêté nº 2139 du 15 mai 2002 portant réglementation de l'approvisionnement du marché national en farine de blé. Ce texte indique la production de Minoco et le pourcentage laissé à l'importation », s'est justifié Émmanuel Zoula. Là-dessus, le ministère a assuré que la note de service n'était qu'une mesure provisoire pour voir comment se comporte le marché.

La seconde préoccupation se situe au niveau de la distribution du sac de farine Minoco. Les boulangers ont constaté que cela ne s'étalait pas sur l'ensemble du territoire national, alors que cette minoterie a le devoir d'approvisionner le marché national. Seuls Brazzaville, Pointe-Noire et les boulangeries installées tout le long du chemin de fer sont alimentés.

Le syndicat estime que Minoco devrait couvrir tout le Congo.

La troisième préoccupation porte sur l'écart existant, estimé à près de 3 200 FCFA, entre le prix du sac de farine à Pointe-Noire et à Brazzaville. Les boulangers voudraient une justification de cet écart, étant donné que lorsque Minoco envoie sa farine à Brazzaville, il n'y a que les frais de transport, les autres frais étant insignifiants. Au ministère du Commerce et des Approvisionnements de tirer au clair cette situation.

La dernière préoccupation concerne le prix du sac de la farine de Minoco, qui a augmenté trois fois en l'espace d'un mois. Il est passé 16 800 à 17 600 FCFA, et depuis la semaine dernière le sac est vendu 18 300 FCFA.

Du point de vue de la procédure, le syndicat estime que le prix de la farine, comme celui du pain, est homologué par le ministère du Commerce et des Approvisionnements. « Que ce soit Minoco ou les importateurs, ils ne peuvent pas d'eux-mêmes de façon unilatérale fixer le prix de la farine.

Ils doivent présenter leur structure de prix au ministre et c'est à ce dernier de prendre un texte réglementaire fixant le prix. Or nous constatons que, du jour au lendemain, Minoco peut modifier le prix de sa farine, et nous n'en sommes pas informés », a dénoncé le président du syndicat patronal.

Poursuivant, il a souligné que l'augmentation de la farine pouvait avoir une incidence sur le prix du pain. Pour le moment, il respecte le texte en vigueur, qui fixe le prix du pain à 75 FCFA. Dans la mesure où Minoco adopte cette attitude, cela risquerait d'avoir une incidence sur le prix du pain, surtout que tous les intrants qui entrent dans la fabrication du pain ont augmenté.

Le ministre du Commerce et des Approvisionnements, saisi de toutes ces préoccupations, n'a fait aucune promesse. Il a informé de la tenue au mois d'octobre prochain d'une rencontre avec tous les partenaires pour en discuter. Pour le moment rien n'a été arrêté.

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