Sidwaya (Ouagadougou)

Burkina Faso: "Le problème vient de Cotonou"

Le directeur général de la Société nationale burkinabè d'hydrocarbure (SONABHY), Jean Hubert Yaméogo, entouré de ses collaborateurs, a animé, un point de presse, hier mardi 24 août 2010, dans la soirée, à son siège, à Ouagadougou.

Il s'est agi de donner les raisons de la pénurie de gaz butane, constatée ces derniers jours et éviter, selon ses termes, toutes spéculations ou rumeurs que cette situation pourrait engendrer.

La raison principale de la pénurie actuelle de gaz butane au Burkina Faso est que le pays est privé de sa source principale de ravitaillement. Telle est l'explication donnée hier soir par le directeur général de la Société nationale burkinabè d'hydrocarbures (SONABHY), Jean Hubert Yaméogo pour justifier la situation actuelle.

En effet, selon le premier responsable de la SONABHY, depuis le début du mois d'août, des travaux au port de Cotonou produisent des vibrations mettant en péril la sécurité au niveau de la sphère de stockage du gaz butane au Bénin. Les autorités béninoises se sont vues alors obligées de suspendre toute activité par cette sphère. "Le Burkina Faso s'est ainsi vu privé de sa source principale, voire quasi unique", a poursuivi M. Yaméogo.

Et d'ajouter que la SONABHY n'est pas restée les bras croisés face à cette situation. Ainsi, à entendre le directeur général, l'anticipation de la SONABHY a permis d'amoindrir le problème.

L'astuce selon lui, a été de se rabattre sur une source secondaire, notamment, le Ghana, permettant à la société de disposer du gaz butane en dépit d'une crise générale dans la sous-région. Jean Hubert Yaméogo a rassuré que la SONABHY n'est pas en rupture totale. Pour lui, se sont les perturbations qui font que le gaz arrive à compte-gouttes.

De l'avis du directeur général de la nationale des hydrocarbures, la Société de distribution de gaz (STD-SODIGAZ) rencontre plus de difficultés actuellement à cause du nombre élevé de sa clientèle. "STD-SODIGAZ occupe à elle seule, 70% du marché nationale en matière de distribution du gaz butane". Ainsi, on a l'impression que c'est chez les propriétaires de bouteilles SODIGAZ qu'il y a problème". Selon Hubert Yaméogo, le problème est général.

Une consommation galopante

Par ailleurs, les responsables de la SONABHY précisent que les prix des bouteilles de gaz n'ont pas varié. C'est à juste titre que l'animateur principal du point de presse a invité les consommateurs à la vigilance, afin de ne pas se laisser gruger par certains commerçants.

Sans donner de date précise, le directeur général a soutenu que la situation sera bientôt maîtriser. En attendant, il demande l'indulgence des consommateurs. La consommation du Burkina Faso en gaz-butane est en forte croissance, d'année en année.

Cette consommation est passée de 8 500 tonnes en 2000 à 25 000 en 2009 et à 30 000 tonnes, en 2010 soit un accroissement de 25% en une décennie.

Les besoins du pays, satisfaits par le marché international, transitent pour la quasi-totalité par le Bénin où la SONABHY dispose d'un contrat de passage dans le seul dépôt du pays disposant d'un stockage de gaz. "Par la Côte d'ivoire, les besoins peinent à être satisfaits, le marché intérieur ivoirien absorbant la totalité du stock de la Société ivoirienne de raffinage (SIR). En 2009, seuls 10% des besoins ont pu être satisfaits par cette source", a déclaré le premier responsable de la SONABHY.

La question de la hausse des prix de certains hydrocarbures ces derniers jours, s'est invitée au point de presse de la SONABHY. Sur cette préoccupation Jean Hubert Yaméogo ne s'est pas prononcé. Il a simplement indiqué que le ministre en charge du Commerce organise demain jeudi 26 août 2010, une conférence de presse sur le sujet.


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