Depuis quelques jours, nombre de Ouagalais font le pied de grue devant les stations-services, les alimentations et autres points de vente de gaz butane, à la recherche de cette denrée qui se raréfie. A la suite de son constat du lundi 23 août dernier, une équipe de Fasozine est retournée sur le terrain, ce mercredi 25 août 2010. La situation n'a pratiquement pas évolué, pour le malheur des consommateurs.
Devant un entrepôt situé à Gounghin, secteur 9 de Ouagadougou, Mme Zongo n'en pouvait plus de se lamenter: «Je suis ici depuis 5h du matin. On nous a dit que les bouteilles de gaz allaient arriver d'un moment à l'autre. Mais il est 13h et jusque là nous n'avons encore rien vu». Bibata, une domestique qui dit chercher le gaz depuis trois jours, elle est sous le coup d'une menace: «Je suis là depuis 6h et en venant, ma patronne m'a prévenue de ne pas remettre les pieds à la maison sans la bouteille chargée de gaz», a-t-elle révélé.
«Aujourd'hui, nous ne partirons pas d'ici tant que nous n'avons pas le gaz», affirme un client pour qui la situation devient lassante. «Ce sont eux qui ont fait la promotion du gaz, nous expliquant que c'est bénéfique et écologique. Maintenant que nous avons tous abandonné le bois de chauffe et le charbon, ils ne sont pas en mesure de satisfaire notre demande en gaz».
Pour Mme Traoré, la situation semble pire: «Hier, je me suis promenée sous la pluie, mais je n'ai pas eu de gaz. Aujourd'hui, j'ai le rhume et je fais de la fièvre». Malgré tout, elle dit être sortie de chez elle depuis 5h30, à la recherche de la précieuse denrée.
De son côté, Mme Drabo, patronne d'un entrepôt de distribution de gaz, est simplement bouleversée. «Bien qu'étant commerçante, cette situation m'attriste, car, lorsque le client souffre, nous souffrons, nous aussi», a-t-elle avancé.
A Kamsonghin, autre quartier de Ouagadougou, la pénurie fait également des victimes. Mais M. Kaboré, un commerçant, a réussi tout de même à dénicher quelques bouteilles pour ses clients. Mais, Il fallait jouer des muscles pour espérer repartir avec sa bouteille de gaz chargée.
Selon la nationale des hydrocarbures, (Sonabhy), les Burkinabè devraient encore prendre leur mal en patience. Les responsables de cette société ont expliqué qu'une trentaine de camions-citerne est en partance pour la Côte d'Ivoire et le Ghana et devrait revenir dans les jours à venir, pour assurer le ravitaillement des consommateurs en gaz butane. En attendant, la galère continue pour ces derniers.
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