Sidwaya (Ouagadougou)

Burkina Faso: Adapter les curricula aux besoins des paysans

La Fédération des professionnels agricoles du Burkina Faso (FEPA/B) et le Centre agricole polyvalent (CAP) de Matourkou ont organisé, le mardi 24 août 2010 dans ledit centre, un atelier conjoint d'échange sur la dynamique paysanne au Burkina Faso. La rencontre visait à fournir aux stagiaires du CAP, futurs agents d'encadrement des producteurs, des informations sur l'évolution et la vision du monde rural au Burkina Faso.

« Nous n'avons plus besoin de l'encadrement fondamental, mais d'un encadrement pointu, répondant à comment arriver à gérer convenablement mon exploitation et être compétitif ? De quels types de services j'ai besoin dans mon exploitation ? ». Ce sont là quelques questionnements qui se posent, selon le président de la Confédération paysanne du Faso, Bassiaka Dao, en matière de formation du personnel d'encadrement des producteurs.

Les formations théoriques dispensées dans les institutions d'appui au développement rural comme le CAP/Martourkou, intègrent l'administration et la gestion des organisations paysannes, mais gagneraient en efficience si elles intégraient la vision et les principes de fonctionnement des organisations d'autopromotion du monde rural. Convaincus de la pertinence d'une telle démarche, la FEPA/B et le Centre polyvalent de Matourkou ont co-organisé cet atelier d'échange.

L'idée selon le directeur général du CAP/Matourkou, le Pr Georges Yaméogo, est de permettre aux élèves et étudiants de l'école qui vont travailler avec les organisations paysannes, de pouvoir se familiariser avec elles, de rencontrer leurs leaders et de cette façon, mieux percevoir l'importance de ces structures.

La rencontre aura permis aux participants d'avoir des informations sur l'historique, l'évolution et la vision de l'état des organisations paysannes, leurs contributions au développement de l'agriculture au Burkina Faso, les expériences de la FEPA/B en la matière.

A l'issue des travaux, des recommandations ont été formulées à l'endroit des institutions de formation pour une meilleure prise en compte de la vision et des attentes des organisations paysannes dans leurs plans de formation. C'est ainsi qu'il a été recommandé la prise en compte des préoccupations des structures d'autopromotion du monde rural dans les curricula de formation au CAP/Matourkou, par exemple.

De nouvelles filières pourraient donc être créées pour répondre à leurs attentes, car de l'avis du directeur général du CAP, « elles rencontrent un certain nombre de problèmes et souhaitent que les écoles de formation puissent mettre à leur disposition des cadres compétents pour les accompagner ».

Le secrétaire général de la région des Hauts-Bassins, Joachim Somda, représentant le gouverneur, a lui aussi apprécié l'initiative de l'atelier conjoint entre un centre de formation et des organisations paysannes. Pour M. Somda, la faible productivité de l'agriculture burkinabè est en partie due à des problèmes organisationnels des acteurs eux-mêmes. La rencontre de Matourkou contribuerait de ce fait, à la résorption de cette problématique.


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