Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Des minerais dont les revenus ont servis à alimenter la guerre

Kinshasa — L'idée a fait du chemin, et aujourd'hui, elle est sur le point de réunir l'unanimité. De quoi s'agit-il ? Tout naturellement de la mise en oeuvre du processus de traçabilité des minerais exploités dans les Grands Lacs et commercialisés à travers le monde. Commerce assorti de ce revers qui consiste en ce que les revenus de ce business ont servi à alimenter les guerres qui endeuillent cette partie de l'Afrique dont le ventre mou se trouve être la RDC.

Bien plus, les Etats de la sous-région en ont souffert profondément. C'était une vraie gangrène qui a créé et entretenu des seigneurs de guerre de tous acabits dont les velléités n'ont pas totalement disparu. Aussi en est-on arrivé à parler des minerais du sang dont des puissances étatiques et d'argent n'ont cessé de tirer profit depuis plus d'une décennie.

Ce profit, somme toute sale, s'est accompagné de la commission des massacres, des exactions et des atrocités à grande échelle sur des populations civiles innocentes. Sans compter le déplacement, voire l'errance des populations entières.

Avec le temps, l'idée de la traçabilité est en train de prendre forme. Les Etats-Unis ont voté une loi qui fait obligation aux compagnies dont les produits contiennent de la cassitérite (minerai d'étain), du coltan, du wolframite et de l'or de faire savoir au service compétent, en l'occurrence à la Securities and Exchange Commission(SEC) qu'elles se procurent ces minerais en RDC ou dans un pays voisin.

Lesdites compagnies devront aussi préciser les mesures qu'elles ont prises pour éviter que ces minerais proviennent de groupes armés congolais, coupables de massacres et d'autres atrocités.

Faisant suite à la loi américaine, les pays membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) ont projeté une rencontre au sommet en novembre prochain dans la capitale congolaise. Au menu, l'éradication de l'exploitation illégale des ressources naturelles dans les Grands Lacs. A l'issue de leur réunion préparatoire, les experts de la CIRGL ont indiqué que le rendez-vous de Kinshasa sera une occasion extraordinaire pour les pays des Grands Lacs d'adopter des mesures dans le but non seulement de réprimer les pratiques qui maintiennent les conflits dans la région.

Cette démarche est l'application de l'article 9 du Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs, lequel recommande la mise en place d'un mécanisme régional de certification de l'exploitation, de l'évaluation et du contrôle des ressources naturelles.

Toutefois, certaines zones d'ombre persistent quant au parti que la RDC pourrait tirer réellement de ce mécanisme du fait de la suppression des barrières. Les sceptiques recommandent la prudence du côté de Kinshasa, étant le principal, sinon le seul producteur de tous les minerais dits de la guerre.


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