Fin du calvaire d'un homme et dissipation d'un nuage qui brouillait les relations algéro-françaises. La cour d'appel de Paris a accordé, hier en début d'après-midi, un non-lieu au diplomate algérien Mohamed-Ziane Hasseni, mis en examen en 2008 pour complicité dans l'assassinat, en 1987 à Paris, de l'avocat Ali Mecili et placé sous contrôle judiciaire, ensuite reclassé témoin assisté dans l'enquête concernant cette affaire. «La chambre d'instruction a accordé un non-lieu à M. Hasseni, il n'est plus concerné par cette affaire», a déclaré son avocat Me Jean-Louis Pelletier, à sa sortie du délibéré, le premier à rendre publique l'information très attendue.Ainsi, la justice française a fini par reconnaître l'innocence du diplomate algérien.
Celui-ci a, depuis son interpellation le 14 août 2008 à l'aéroport de Marseille, clamé sans cesse qu'il n'avait rien à voir avec l'assassinat de Ali Mecili. Il avait beau dire qu'il était victime d'une homonymie, les juges chargés du dossier continuaient à accorder de la crédibilité à l'accusation portée contre lui par Mohamed Samraoui, un ancien des services secrets algériens réfugié en Allemagne. Il a fallu attendre le 4 juin 2009 et la confrontation par vidéoconférence de l'accusateur avec Hasseni pour que Samraoui se rétracte en disant : «Au début, j'étais convaincu à 99% et je repars à 50-50.»
Malgré cela, ne tenant pas compte du parquet qui avait requis le non-lieu pour Hasseni en raison des «charges insuffisantes pesant à son encontre», les juges Philibeaux et Goezmann ont estimé, un mois plus tard, «prématuré» d'arrêter les investigations sur le diplomate algérien. Ils décident tout de même de le placer sous le statut de témoin assisté, et non plus de mis en examen en raison justement de l'insuffisance des charges pesant contre lui. Grande irritation à Alger où l'ambassadeur de France, M. Xavier Driencourt, est convoqué au ministère des Affaires étrangères qui lui a fait part de «la grande surprise et de la profonde préoccupation» des autorités devant le refus de la justice française d'accorder le non-lieu à Hasseni.
La délibération du 31 août de la cour d'appel de Paris vient mettre fin à un long et désagréable feuilleton, malgré les «révélations», faites cinq jours plutôt par le journal électronique Rue89, d'écoutes téléphoniques versées au dossier d'instruction en décembre 2009. Selon Rue89, ces écoutes révèlent l'existence de pressions exercées par Alger sur Samraoui. Les juges semblent n'avoir donné aucune crédibilité à ces écoutes, ou du moins qu'elles n'amenaient aucun élément nouveau au dossier qu'ils ont décidé de clore.

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