A l'instar des deux autres témoins, Jean François Tabbi, chef de mission, soutient l'inexistence des détournements.
François Jean Marie Paul Tabbi est le troisième témoin de la défense. Le contrôleur d'Etat qui a comparu hier comme témoin à décharge était le chef de mission au moment du contrôle effectué au Chantier naval et industriel du Cameroun. Né le 25 mars 1952 à Yaoundé, il est un administrateur principal actuellement en retraite. Il quitte ainsi ce service qu'il a intégré en 1983 après sa sortie de l'Ecole nationale d'administration et de la magistrature (Enam).
Au cours de sa déposition hier, mardi, 31 août au tribunal de grande instance de Douala-Bonanjo, le témoin reconnaîtra avoir effectué plusieurs missions. Parmi ces missions, celles effectuées à la Fécafoot, à l'université de Douala et de Dschang, au Cnic, à la Scdp, à la Camair Toute fois, «ma mission de contrôle n'est pas en rapport avec les procédures en cours dans les deux dernières entreprises sus citées», précise t-il.
Jean François Tabbi précisera aussi qu'il n'a aucune souvenance de ce qu'au terme de leur mission, des procédures disciplinaires aient été ouvertes contre les dirigeants du Cnic. Le contrôleur apportera aussi des éclaircissements sur la préoccupation du ministère public sur les constats financiers après leur contrôle. «Ce contrôle a été fait sur le plan administratif, financier et comptable. La mission a constatée que les états financiers sont bons et ils ont tous été validés par le commissaire aux comptes», indique t-il.
Toutefois, il relève que la diminution des résultats de l'exercice 2005 était du fait d'une reprise des provisions même si au final, «les pièces étaient régulières et établissaient la concordance des chiffres et des pièces. Les chiffres querellés correspondaient aux pièces examinées», précise t-il.
Ce qui fait dire à Me Bétéa du ministère public que «la mission du consup était une mission de pré épurement des pièces». Pour lui, «il s'agit d'une obstination à ne rien voir. Cela signifie t-il de manière péremptoire qu'il n'y a aucune irrégularité ?», s'interroge t-il. L'avocat se base sur le fait qu'aucun chiffre, aucune date n'est donnée par le contrôleur. Pourtant le contrôleur mentionne que le décret du 5 décembre relatif aux missions de vérification et de contrôle a été respecté.
Ce décret instruit aux contrôleurs de prendre connaissance de toutes les situations antérieures à leur opération. «Donc, j'ai pris connaissance du contrôle fait par Mimlend et par le cabinet audit conseil (Cac)», affirme t-il. Il indique aussi avoir travaillé avec Charles Kooh 2 et le Cac, même si ces derniers n'ont pas entièrement été à leur disposition.
Toutefois, l'accusation reste convaincue de ce que les pièces produites par Forjindam sont fausses. Ils dénoncent aussi une irrégularité dans les transactions du fait de l'absence de traçabillité et de l'impossibilité pour le témoin de prouver l'effectivité des services effectués. Et de s'interroger «pensez vous que votre résultat s'impose au tribunal ?». «Je ne fais qu'apporter ma contribution au tribunal qui reste souverain», indique le témoin. Une contribution qu'il continuera d'apporter ce jour.

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