"Le débrayage des camionneurs de l'hinterland n'a pas de souche politique. C'est une manifestation de protestation contre un monopole qui met à mal leurs recettes. Ce n'est ni le fait des responsables du Rdr, ni celui d'un proche du président de la République accusé d'attiser la tension, comme la rumeur le souligne". C'est la précision que les grévistes ont apportée, hier, à l'issue de la négociation avec le ministre des Transports.
De fait, leur mécontentement vient du fait qu'on leur impose l'escorte groupée. Ils ont saisi le Comité de gestion des crises des syndicats des acteurs et auxiliaires du transport (Cgcsatt) qui a diligenté une enquête sur l'axe Abidjan-Tiébissou-Bouaké. Les conclusions ont confirmé les reproches des camionneurs. Ainsi, le président du Cgcatt, Eric Diabaté, et ses collaborateurs ont porté l'information au niveau des autorités ivoiriennes. Diligence n'aurait pas été faite à leur désir de voir l'escorte libéralisée. D'où le mouvement de grève entamé depuis lundi sur tout le territoire national.
S'il est indiqué que le mouvement n'est pas d'origine politique, il apparaît nettement qu'il est d'ordre économique. Les camionneurs de l'hinterland se plaignent de ce que l'Oic leur fait payer 90.000 FCFA par camion vide et 120.000 FCFA par camion chargé. le représentant du Syndicat des chauffeurs routiers du Mali, Moussa Coulibaly, soutient que le camionneur ne reçoit pas l'acquit directement au lieu de chargement. On l'oblige à le prendre à l'Oic. Devant la forte montée des plaintes, l'ex-ministre des Transports, Mabri Toikeusse, avait, par arrêté, donné, le 2 février dernier, autorisation au groupe Gacci-Sococib de faire de l'escorte, histoire de permettre la concurrence. Ce fut une décision saluée par l'ensemble des transporteurs en ceci que l'Oic avait revu ses coûts.
Ainsi, les camions vides étaient facturés désormais à 30 000 FCFA, ceux chargés de marchandises diverses à 110 000 FCFA, et ceux avec hydrocarbures, 150.000 FCFA. L'arrêté du nouveau ministre des Transports, Albert Flindé, qui annule le précédent, bouleverse tout. Gacci-Sococib est suspendu de toute activité et l'Oic n'a plus de concurrent. Et les prix remontent : les camions vides en provenance du Burkina Faso payent 65.000 FCFA, ceux qui viennent du Mali, 37.500 FCFA. Les camions chargés de marchandises diverses s'acquittent de 128.000 FCFA, quand ceux chargés d'hydrocarbures payent 160.000 FCFA.
L'autre souci exprimé par les camionneurs est la destination de cet argent. Va-t-il dans les caisses de l'Etat dans son intégralité ou est-il détourné en partie ? Toujours est-il que les négociations se poursuivent.

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