Kinshasa — L'opposant Alpha Condé a refusé toute fraude électorale au 2ème tour de la présidentielle. A cet effet, le médiateur Compaoré devrait amener la Commission électorale à plus de responsabilité.
Alpha Condé, candidat au second tour de l'élection présidentielle en Guinée face à l'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, a déclaré hier mercredi 1er septembre à l'AFP à Paris qu'il n'accepterait «pas de fraude», appelant à la transparence lors du scrutin prévu le 19 septembre. «Nous savons qu'il y a eu une fraude gigantesque au premier tour. Je n'accepterai pas de fraude au second tour», a déclaré l'opposant historique guinéen, leader du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG).
Au premier tour, organisé le 29 juin, Alpha Condé a été crédité de 18,25% des suffrages contre 43,69% à l'ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, favori pour le second tour.
Interrogé pour savoir s'il respecterait les résultats s'il perdait l'élection, M. Condé a déclaré: «S'il n'y a pas eu de fraude, il n'est pas important que je perde ou que je gagne. Ce qui est important, c'est que la Guinée tourne la page».
PLUS DE RESPONSABILITE
«Pour le moment, je me bats pour que la Guinée retrouve le chemin de la démocratie», a-t-il ajouté, refusant de dire s'il se contenterait de contester les résultats par les voies légales en cas de défaite.
De passage à Paris avant un déplacement jeudi au Burkina - où les deux candidats à la présidentielle sont invités par le médiateur de la crise guinéenne, le président Blaise Compaoré, dans un souci d'apaisement -, Alpha Condé a indiqué avoir «rendu visite au ministre (français des Affaires étrangères) Bernard Kouchner, qui est un vieil ami».
Le président Compaoré est appelé, non seulement à rapprocher les deux adversaires politiques mais aussi et surtout, à amener la Commission électorale à plus de responsabilité. Elle doit tirer les leçons du premier tour afin d'éviter des défaillances ouvrant largement la voie aux fraudes électorales massives qui pourront provoquer des contestations post-électorales avec risque de la recrudescence de la violence dans ce pays important de l'Afrique de l'Ouest.

Comments Post a comment