La Tribune (Algiers)

Algérie: Réagissant au non-lieu en faveur de Hasseni - La France soulagée et optimiste pour ses relations avec l'Algérie

Le non-lieu prononcé en faveur du diplomate Mohamed-Ziane Hasseni a-t-il une incidence sur les relations algéro-françaises ?

Apparemment oui. Paradoxalement, ce sont les autorités françaises qui ont pris position. Elles considèrent, en effet, que cette décision a «un développement positif» sur les liens entre les deux pays. «Le prononcé de cette décision de la cour d'appel de Paris apporte un développement positif pour nos relations bilatérales dont notre volonté est bien d'en poursuivre l'approfondissement et le développement», a estimé, hier, Bernard Valero, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.Le responsable français a

précisé, concernant l'assassinat de Ali-André Mecili à Paris en 1987, que son pays veut que «toute la lumière soit faite [...] afin que ce crime ne reste pas impuni». C'est un discours habituel. Mais cela fait plus de deux années que l'«affaire Mecili» s'est transformée en «affaire Hasseni». Le diplomate algérien, qui a toujours clamé son innocence, évoquant une «homonymie savamment entretenue» par les Français, est donc bel et bien au cÅ"ur d'une affaire «politico-juridique».

Il est difficile en effet de cantonner cette affaire dans un simple procès en justice. L'affaire Mecili n'est pas une banale histoire d'assassinat. Car, au-delà de la quête de vérité de la famille et des amis de l'avocat assassiné, des enjeux plus au moins assumés sont au centre de la question. Cela vient d'être donc confirmé par cette phrase laconique du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. Mais avant lui, les Algériens ont exprimé leur désarroi devant les attitudes des autorités françaises.

Le ministère des Affaires étrangères avait convoqué début avril l'ambassadeur de France pour lui faire part «de la grande surprise et de la profonde préoccupation» d'Alger à la suite d'un refus des juges français d'accorder le non-lieu au diplomate. Cet heureux dénouement ne sifflera pas forcément la fin de la grisaille qui assombrit, depuis des années, le ciel des relations algéro-françaises. C'est une étape importante mais pas suffisante. En plus des questions de mémoire et de sécurité, les problèmes économiques constituent désormais un nouveau couac dans la déjà difficile passerelle entre Alger et Paris.


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