Les artistes du théâtre national Daniel Sorano menacent de bloquer le théâtre si les arriérés de salaires de l'année 2009 ne leur sont pas payés. Ils sont convaincus que c'est Alioune Badara Bèye, Président du conseil d'administration dudit théâtre qui les a privés du paiement de leurs 41 millions FCFA. Ce dernier donne une autre version des faits.
Les artistes du théâtre national Daniel Sorano ruent dans les brancards. A la source de leur colère, le non paiement de leurs arriérés de salaire en date de l'année 2009, de janvier à décembre, s'élevant à un montant de près de 41 millions FCFA. En effet, le syndicat national des acteurs culturels (Synac) et le collège des délégués du Théâtre Daniel Sorano ont fait face à la presse hier mercredi 1er septembre 2010 à la salle de spectacle de Daniel Sorano pour revendiquer le paiement des arriérés de salaire des artistes en date de l'année 2009, mais aussi déplorer leurs mauvaises conditions de travail.
Face à la presse, hier mercredi 1er septembre 2010, à la salle de spectacles du théâtre national Daniel Sorano, ils ont nommément accusé Alioune Badara Bèye, Président du conseil d'administration dudit théâtre d'avoir refusé d'exécuter les recommandations du ministre de la culture et des loisirs, Sérigne Mamadou Bousso Lèye, de payer ladite somme aux ayant-droits.
« Le ministre avait donné l'ordre à Alioune Badara Bèye, Président du Conseil d'administration de payer l'argent, mais celui-ci a bloqué le processus. Il avait préalablement dit qu'il n'était pas possible de payer ces arriérés. Or, quand le ministre nous avait vus, il nous avait recommandé de créer un comité restreint qui s'était penché sur la question. Nous avions alors trouvé qu'il était bel et bien possible de payer cet argent », a souligné Sékou Lô.
« Le ministre avait donné des instructions au Pca pour qu'il convoque le conseil d'administration afin qu'on nous paye. Ils avaient même dit qu'on pouvait recevoir nos paiements entre le 10 et le 15 août. Depuis lors ça traine. C'est Alioune Badara Bèye qui bloque tout, lui qui a un salaire de plus de 500 000 FCFA, alors que nous n'avons même pas 100 000 FCFA en tant qu'artistes. Quand bien même nous faisons tout le boulot, nous sommes là, nous souffrons. Ce qui n'est pas normal », a-t-il renchéri.
« Je ne sais pas si le Président de la République est au courant ou si le ministre de la culture est au courant, mais c'est lui qui bloque tout. Maintenant, nous allons prendre nos responsabilités. Nous allons bloquer le théâtre tant qu'on ne nous paie pas nos dus », a tancé Sékou Lô. Pour sa part, Ibrahima Mbaye, artiste-comédien, se prononçant sur l'influence de leur mouvement sur le Festival mondial des arts nègres (Fesman 3) prévu du 10 au 31 décembre prochain, a signalé que « si on parle de mouvement qui puisse bloquer l'avancée du Fesman 3, tout ce retard là, il faut le mettre sur le dos d'Alioune Badara Bèye encore une fois ».
Selon lui, « si on s'en tient à l'historique et à l'évolution du Fesman, tout le monde a la preuve certaine qu'il a trainé les choses ailleurs et que maintenant que ce n'est pas lui qui gère ça, il cherche à bloquer ailleurs parce qu'effectivement c'est le cadre qui va abriter toutes les sections de création pour la commission nationale ». Dès lors qu'Alioune Badara Bèye a été écarté de la gestion du Fesman, pense-t-il, il cherche à bloquer Sorano. « Nous n'allons pas l'accepter. Nous voulons que ce festival ait lieu. Et il aura lieu car ce ne seront ni Ousmane Diakhaté, ni Alioune Badara Bèye qui enfreindront cet élan ».
Interpellé pour réagir face à ces accusations, Alioune Badara Bèye tempère et assure qu'il n'y a véritablement pas de problèmes. « Il n'y a aucun problème dans cette histoire. Nous n'avons jamais dit non au paiement des arriérés des artistes. Mais il fallait au moins qu'on y mette la manière et la forme. Il fallait tout de même réunir le conseil d'administration. C'est pour cette raison que nous nous sommes réunis hier (ndlr : mardi) et nous avons terminé aujourd'hui (mercredi) », a déclaré le Président de l'Association des Ecrivains du Sénégal.
« Nous allons informer officiellement le ministre dès aujourd'hui de notre commun accord pour le paiement de cet argent aux ayant-droits », a précisé Alioune Badara Bèye qui a par ailleurs signalé qu'il a porté le budget de Sorano de 75 à 400 millions FCFA. « Je suis un acteur comme ces gens, je ne vois pas pourquoi je me battrai contre leurs intérêts. C'est insensé », a-t-il rétorqué. Les artistes ont constitué une plateforme revendicative de 19 points dans laquelle ils ont évoqué un détournement de deniers publics d'un montant de 38 500 000 FCFA, ainsi qu'un défaut de cotisations sociales et une insuffisance de production de recettes.

Comments Post a comment