Vu l'importance du résultat, et vu la forme des attaquants disponibles, l'équipe de Tunisie devrait passer du 4-2-3-1 au 4-4-2.
Troisième match officiel pour l'équipe de Tunisie sous la houlette de Bertrand Marchand et de Sami Trabelsi demain face au Malawi. Avec trois points en poche, on peut dire que la moisson est loin d'être optimale, nous avons un manque à gagner de trois points.
La concurrence avec le Botswana pour le «leadership» du groupe K s'annonce intense. Aux Tunisiens alors de rattraper le temps et les points perdus. Ce qui nous intéresse ici, c'est le profil technique de la sélection.
Peut-on parler de l'empreinte Marchand ?
Peut-on dire que le profil de la sélection a si changé ?
C'est assez tôt de parler d'une révolution de palais, Marchand n'a pas transformé la manière de jouer de l'équipe, faute de temps, oui, mais également parce que l'ossature n'a pas énormément changé par rapport à l'époque Coelho; ce sont les joueurs qui contraignent le choix du module de jeu, et on ne peut imposer à des joueurs aux qualités techniques bien données, un système qui peut ne pas leur convenir. On est donc en attente de voir la touche Marchand qui devra apporter des changements radicaux.
Adepte de 4-2-3-1, qui se base sur les animateurs de couloir à droite et à gauche, Marchand n'a pas, jusque-là, changé ce module de jeu avec Ben Khalfallah, Darragi, M'sakni, Dhaouadi entre autres, comme relayeurs de Jemaâ. Le meilleur système de jeu possible ? C'est en fonction des résultats que l'on peut juger. Et si on voit que les résultats de la sélection n'ont pas été fameux (l'équipe de Tunisie perd de plus en plus de son aura en Afrique), on peut avancer que ce 4-2-3-1 (système appliqué par les trois quarts des entraîneurs au monde) n'a pas permis à la sélection de redécoller.
Peut-on dire que c'est un module à remettre en question ?
On ne pense pas. C'est le système qui fonctionne chez les clubs, les joueurs de la sélection ont pris le temps nécessaire pour s'adapter à ses propriétés techniques. En plus, la réalité du terrain montre bien qu'un 4-2-3-1 ou un 4-4-2 peuvent se révéler efficaces ou inéfficaces, selon la production des joueurs, et selon leur percussion et leur aptitude à remporter des duels. Plus qu'un module de jeu, l'équipe de Tunisie a besoin de mieux répartir les rôles de ses joueurs sur le terrain, et a besoin de joueurs motivés et frais, pour donner le plus.
La carte Allagui
Marchand et Trabelsi hésitent entre le 4-2-3-1 et le 4-4-2. Le dernier module de jeu repose sur deux «vrais» attaquants avec l'un des deux qui peut être placé en retrait. L'idée est de peser davantage sur une défense athlétique du Malawi. Dans ce cas, et vu l'indisponibilité de Darragi, un milieu offensif relayeur devra faire les frais de ce choix. Apparemment, Ben Khalfallah et Dhaouadi sont ceux qui vont animer les couloirs et faire le jeu (qui va partir des côtés). M'sakni (très en forme dans les entraînements) n'aurait pas de place si l'on va dans l'optique d'un 4-4-2. Et c'est Sami Allagui, attaquant de métier, qui n'a pu jusque-là faire un bon départ avec la sélection, qui part titulaire aux côtés de Jemaâ. C'est sûr que le profil et le visage de la sélection va changer. Jemaâ aura des espaces pour décrocher tout en évitant de laisser la pointe vide.
Toujours avec ce 4-4-2 pour dire que Korbi évoluera plus vers l'avant en soutien à Dhaouadi et à Ben Khalfallah, et pour dire que Boussaïdi et Mikari ne vont pas se faire prier pour épauler l'attaque. Le match du Malawi sera un test édifiant pour l'équipe de Tunisie. Il permettra de voir si elle est capable d'offrir un jeu offensif avec profondeur et un dosage équilibré entre axe et couloir, et si elle a les joueurs qui peuvent créer des espaces dans des défenses renforcées. On a eu toujours l'idée que l'équipe de Tunisie aime procéder par des contres et par des raids brefs; sera-t-elle en mesure de réussir un changement de module?

Comments Post a comment