Ils ont dénoncé les exactions commises par des militaires qui conduisent à Douala les travaux de réhabilitation de cette zone de sports.
Il était 8 heures environ lorsqu'un regroupement de personnes s'est formé devant les services du Gouverneur de la région du Littoral. «Des riverains du parcours Vita encerclés comme du bétail», «nous respectons les institutions républicaines», «plus de 1500 personnes prises en otage», «qu'allons-nous faire de nos enfants à la veille de la rentrée scolaire 2010-2011». Ce sont quelques messages inscrits sur leurs pancartes. Ordonnées et dans le calme, ces populations attendaient d'être reçus par les autorités administratives. «Si nous sommes là ce matin, c'est pour avoir une suite favorable. Nous souhaitons juste qu'un passage soit créé pour nous permettre d'accéder à nos domiciles.
Nous avons saisi toutes les autorités compétentes, sans suite favorable. Nous sommes même déjà victimes d'attaque physique, nous vivons dans la peur», explique Augustin Lemaleu, porte parole des populations. Quelques minutes plus tard, ils sont approchés par les collaborateurs du gouverneur du Littoral. Tous seront conviés dans la salle des banquets. De nombreuses plaintes des populations pointent du doigt les troupes du Lieutenant-colonel Jackson Kamgaing, à la tête des militaires chargés de viabiliser le parcours vita de Makèpé. Selon des indiscrétions glanées auprès de ces riverains, on en serait arrivé à des attaques physiques. Marthe Ongbaketet, 56 ans est une victime agressée le 20 août dernier. Son certificat médical, signé du Dr. Ferdinand Ngom, le 21 août dernier indique qu'elle présentait de nombreuses lésions. Elle bénéficie de 35 jours d'incapacité.
«Elle a été brutalisée par des militaires qui lui reprochaient de cacher des journalistes chez elle. Ce qu'il faut dire, est que nous sommes vraiment intimidés par ces militaires. Au début de l'opération en 2006, nos maisons n'étaient pas concernées. Et même lors de la pose des jalons au mois de juillet dernier nous n'étions pas concernées. La barrière de 3 mètres à été érigée sans rien nous dire», poursuit le porte-parole. «Certains militaires très zélés nous mènent la vie dure. Ils vont jusqu'à casser les tuyaux d'eau de la Camwater, nous privant ainsi de l'eau potable», explique Cyrille Njiogo, un autre riverain.
Après avoir écouté les doléances des riverains, Maurice Sam Tchoffo, secrétaire général des services du gouverneur de la région du Littoral, et deux collaborateurs du préfet du département Wouri ont promis de porter les doléances à leur hiérarchie. Les pancartes des grévistes seront retenues pour être présentées à ces autorités. En attendant, les riverains ont été priés de rester calmes et éviter de tenir tête aux hommes en tenue «Car l'ordre de viabiliser ce site vient de la présidence de la République. De nombreuses rencontres ont été initiées avec les riverains. Des géomètres sont sur le terrain depuis le mardi 31 août. De nouveaux marquages seront effectués sur le site, ceci après une nouvelle descente de la commission chargée de suivre ce problème. Aussi, les militaires ne sont là que pour exécuter le projet», précise Maurice Sam Tchoffo.

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