Les avocats de la partie civile soutiennent que les déclarations de l'un des témoins tiennent du fait qu'il est déjà en retraite.
« Nous avons respecté les dispositions du code pénal. Ceci est une façon d'intimider le témoin et de l'empêcher de parler. Qu'on mette de côté les problèmes d'homme et qu'on le laisse répondre aux questions ». Cette objection de Me Patrice Um, avocat de Zacchaeus Forjindam a pourtant été rejetée par le tribunal qui a demandé au témoin, Tabbi François Jean Marie Paul de répondre à la question à lui posée par Me Ebah, avocat du ministère public. A l'audience d'hier, mercredi, 1er septembre, la défense protestait ainsi contre la manière avec laquelle l'avocat de la partie civile posait ses questions.
« Etes-vous encore inspecteur d'Etat ? », interrogea l'avocat. L'inspecteur d'Etat ferra alors savoir qu'il est en retraire depuis le mois de décembre 2007.
Ce qui fait dire à Me Ebah que ce dernier témoigne en sa qualité d'administrateur principal et non comme inspecteur d'Etat. L'avocat fait aussi état de ce que le témoin n'aurait jamais fait ces témoignages devant le tribunal en faveur de l'accusation s'il était encore en service. « Je ne témoigne pas en faveur de l'accusé. C'est une question de technique. Si les questions que je donne sont en faveur de l'accusé, c'est à la justice d'en tirer les conséquences », martèle Jean Marie Tabbi. L'avocat émet aussi des doutes sur la présence du témoin et s'interroge sur sa présence au tribunal. « Est-ce le procureur ou la présidente du tribunal qui vous a envoyé témoigner », demande t-il avant de poursuivre. « Le ministre Délégué relève que les modalités relatives à votre comparution échappe à sa compétence », soutient Me Ebah.
Pour l'avocat de la partie civile, les frais de mission perçus par les contrôleurs étaient exagérés et l'avocat ne comprend pas les mécanismes de paiement de ces frais surtout que « le montant des frais de mission d'un inspecteur d'Etat en mission est de 40 000 francs Cfa par jour, plus 25% des primes de servitudes. Ce qui fait un montant de 50 000 francs la journée », explique t-il. L'avocat ne comprend donc pas comment, en date du 5 octobre, les contrôleurs ont touché la somme de 3. 930 000 francs Cfa avant même le début de la mission. Des frais répartis comme suit. « 150 000 francs Cfa de frais de mission la journée en plus de 60 000 francs Cfa de frais de nuitée pour un total de 210 000 francs Cfa perçue par contrôleur et par jour », explique l'avocat qui pense qu'il y a eu double emploi ou chevauchement des frais de mission entre la hiérarchie des contrôleurs et le Cnic.
« Ce paiement est une charge budgétisée par l'administration employeur », se défend le contrôleur. Il dément le « double emploi » par la perception d'une avance comprise entre 30 et 50% avant le début de la mission. Pour ce dernier, les contrôleurs n'auraient pas du percevoir, en plus des frais de mission, leur salaire. Surtout qu'il soutient que les frais de mission perçus par les contrôleurs étaient de trop. Surtout que, dit-il, les inspecteurs d'Etat ont rang de secrétaire général, donc, ont droit à 50 000 francs Cfa de frais de mission par jour. Or, pour Jean Marie Tabbi, «On n'a fait que appliquer les textes ».

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