Le Pays (Ouagadougou)

Burkina Faso: Quel avenir pour la grammaire ?

Depuis quelques années, nous assistons à un phénomène inquiétant : celui de la baisse du niveau de maîtrise de la langue française. L'on est tenté de dire : fini le temps du "bon usage", et vive l'ère de "la liberté d'expression" qui consacre le parler-libre et accorde peu d'intérêt aux règles en vigueur de la langue.

Ainsi, il n'est plus rare de voir certaines personnalités -et cela, sur les ondes de radios et les écrans de télévisions- utiliser facilement un "le" ou un "la" à la place d'un "lui", ou encore, un "les" à la place d'un "leur". Sur le campus de l'Université de Ouagadougou, il est désormais monnaie courante de rencontrer des étudiants -et même des étudiants du département de Lettres modernes- qui ne peuvent pas énoncer une idée en des termes corrects et clairs. Comme excuse à ces lacunes en matière de règles grammaticales, nous pouvons bien souvent entendre des phrases du genre "le français n'est pas notre langue maternelle".

Tout cela parce que, quelque part, tout ce qui relève de la langue et de la littérature, est considéré comme l'apanage des gens moins intelligents, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas capables de faire les maths, la physique, etc. Aucun effort n'est pratiquement fourni par les usagers du français, pour améliorer leur maniement de la langue. Or, il est évident que tout savoir est d'abord maîtrise d'une langue. Bref, à qui incombe la faute ? Au système éducatif ? Aux ministères en charge de l'éducation ? Aux responsables des établissements ? Aux apprenants ou aux parents des apprenants ?

Le problème est réel. D'où la question de savoir s'il faut ou non poursuivre l'enseignement de la grammaire, au-delà de la classe de troisième, pour s'assurer de la parfaite maîtrise des règles de la langue française.


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