Profitant de son séjour dans la région des Cascades, le ministre du Commerce, de la Promotion de l'entreprise et de l'Artisanat, Léonce Koné a reçu l'Association des commerçants exportateurs de noix de cajou de la région des Cascades. A cette occasion, la structure a fait au ministre, un exposé des difficultés auxquelles elle est confrontée. A son tour, Léonce Koné a prodigué des conseils dans le domaine de la micro finance et surtout de l'accès au crédit.
La région des Cascades est l'une des plus grandes régions productrices de noix de cajou au Burkina Faso. Cependant, autant les producteurs que les acheteurs et les transformateurs de cette spéculation, source de revenu pour nombre de populations, sont confrontés à de sérieuses difficultés qui entravent l'épanouissement de leurs affaires.
L'occasion était donc belle pour l'Association des commerçants exportateurs de noix de cajou (une association d'envergure nationale basée dans les Cascades), d'exposer au ministre du Commerce leurs problèmes. En prenant la parole, le président de la structure, Siaka Ouattara a d'abord exprimé au ministre l'entière disponibilité de l'Association à l'accompagner dans la lourde et capitale tâche que lui ont confié les plus hautes autorités du pays. Il a ensuite expliqué que les acheteurs de la noix de cajou, ont difficilement accès aux crédits pour financer leurs activités, de même qu'ils ne disposent pas d'informations régulières sur les appels d'offres concernant l'achat des céréales.
Ils ont donc souhaité l'appui du ministère de tutelle afin de mieux s'organiser et développer les filières anacarde, sésame et noix de karité, tout en contrôlant l'accès des commerçants étrangers qui opèrent directement sur le terrain, sans document officiel du ministère. Par ailleurs, les commerçants ont rappelé au ministre leur demande d'affectation de deux techniciens, dont l'un provenant du ministère du Commerce et l'autre, de celui de l'Agriculture, pour la mise en place du comité de pilotage du projet Initiative du cajou africain (ICA).
En effet, a expliqué le président de l'association, ce projet financé par la fondation Bill Gates est administré par la GTZ depuis 2009, mais son comité de pilotage tarde à être mis en place par manque des deux techniciens en question.
La présence des ministères serait un atout dans l'orientation et l'appui conseils tout en rendant plus crédibles les acteurs de la filière vis-à-vis des partenaires. En attendant, a-t-il déploré, la première phase du projet est en cours d'exécution sans comité de pilotage, contrairement aux autres pays (Ghana, Benin, Côte d'Ivoire et Mozambique), d'où l'inquiétude de l'Association des commerçants de noix de cajou dans la gestion des fonds. Le ministre Léonce Koné a salué cette initiative de laquelle peut naître des relations de travail profitables à tous.
Un manque de professionnalisme
Pour lui, le principal problème réside dans le manque de modernisation de leurs activités. « S'il faut que des acheteurs quittent le Ghana ou la Côte d'Ivoire pour acheter vos noix et ensuite les exporter aux USA, il va de soi que vous ne vous en sortez pas.
Professionnalisez votre activité, cherchez vous aussi à exporter directement vos produits, nouez des contacts avec des acheteurs étrangers et vous verrez alors que vous perdiez suffisamment d'argent », a dit le chef du département à leur endroit. En clair pour lui, les exportateurs de la noix de cajou doivent se passer des intermédiaires des pays voisins et se présenter eux-mêmes comme de potentiels exportateurs, à même de satisfaire une demande de plus en plus exigeante en qualité.
Quant à l'accès au crédit, le ministre a expliqué qu'il s'agit d'un problème général, caractérisé par un système banquier qui n'offre pas toujours des conditions accessibles. Mais les a-t-il rassurés, à travers la création des Centres de formalités des entreprises (CEFOR) et bien d'autres actions, le gouvernement oeuvre progressivement à l'assouplissement des conditions d'accès aux crédits et microfinances, de même qu'il a décidé que les entreprises locales bénéficient « d'avantages relatifs » dans l'obtention des marchés dont l'exécution se fait sur leur ressort territorial.
En outre, a-t-il poursuivi, du fait des impayés enregistrés par le passé, les banques ont du mal à financer les projets et c'est pourquoi, « la Maison de l'entreprise a été instituée pour aider les entreprises à améliorer leur gestion et les porteurs de projets, à élaborer des projets crédibles et compétitifs ».
Pour lui, la région dispose d'une forte potentialité économique, mais les activités ne sont pas encore satisfaisantes et suffisantes. C'est pourquoi le ministre a invité les membres de l'Association à s'informer, et à se former, et surtout à s'unir pour soumissionner aux appels d'offres tout en respectant les conditions exigées. Il leur a également promis l'accompagnement de son département dans le processus de modernisation et d'exportation de leurs produits.

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