Venus très tôt au palais de justice du Mfoundi, Jacques Blaise Mvié, ex-directeur de publication de « La Nouvelle presse » actuellement directeur de « La Nouvelle », son ex-rédacteur en chef Charles Nwé et le sous officier de la gendarmerie, Jérémie Doko ont dû attendre plusieurs heures pour voir arriver le collège de juges de la Cour d'appel du Mfoundi statuant en affaire criminelle militaire. Une longue attente qui tranche avec la durée de l'audience elle-même.
Car, en quelques minutes, les accusés appelant sont informés par le président de la collégialité Koumou Tsala que le délibéré prévu pour la date d'hier, 2 août 2010, est prorogé pour le 16 septembre 2010 pour cause « d'arrêt long ». Sur ce, les concernés quittent la salle la mine défaite en raison de leur volonté d'en découdre avec une affaire qui n'aura que trop duré.
Déception quelque peu dissipée par les explications des avocats de la défense qui y voient la simple volonté des juges de disposer de plus temps pour lire l'arrêt (le verdict) qui est certainement très long. « Le Code de procédure pénale en vigueur exige que les juges motivent point par point les différentes décisions prises dans les arrêts. Cela peut les rendre très longs, c'est peut-être le cas de l'affaire qui nous concerne », pense Me Mbassi. « Encore que, poursuit-il, l'audience a commencé un peu tard et que la primeur doit être réservée aux affaires qui appellent aux débats au fond ».
N'empêche. Les accusés appelant affichent l'air rassuré quant à leur sort. Cela certainement, en raison de la réquisition de l'avocat général le 19 août dernier. Le ministère public requérait au cours de l'audience de ce jour, « la relaxe pure et simple au bénéfice du doute » pour les deux journalistes et la condamnation à 6 mois d'emprisonnement ferme pour Doko Jérémie au « bénéfice des circonstances atténuantes, compte tenu de sa qualité de délinquant primaire ».
En rappel, les trois accusés appelant ont été condamnés par le tribunal militaire à 4 ans de prison ferme et 400 000 Fcfa pour le gendarme et les journalistes à 5 ans d'emprisonnement ferme et 500 000 Fcfa d'amende. Ils étaient poursuivis par l'ex ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense (Mindef), Remy Ze Meka. L'ex Mindef accusait le maréchal des logis chef, Doko Jérémie d'avoir, courant 2002, réalisé la prise de vue des installations militaires alors qu'il n'en avait pas le droit et d'en avoir fait une note au chef de l'Etat l'y accusant de vouloir déstabiliser le pays par un coup d'Etat. Les journalistes sont quant à eux, poursuivis pour en avoir fait l'écho dans leurs colonnes en 2007. Tous ont fait appel et seront fixés sur cette interjection le 16 septembre 2010. Sauf autre report !

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