Sénégal: Ziguinchor - Les boulangers en croisade contre le "tapa lapa" venant de la Guinée-Bissau

Ziguinchor — Le Collectif des boulangers de Ziguinchor a attiré, vendredi, l'attention des populations sur les risques qu'elles encourent en consommant le pain de fabrication artisanale ("tapa lapa"), en provenance de la Guinée-Bissau.

En conférence de presse vendredi, les responsables de ce collectif ont sensibilisé les populations sur ces "risques" sanitaires et en même temps "informé les autorités sur les menaces qui pèsent sur la gestion" de leurs entreprises.

Le pain incriminé "ne respecte pas les normes de fabrication" en termes de température et d'hygiène, selon Oumar Kouta, secrétaire général du Collectif des boulangers qui a assimilé ceux qui le vendent à des "trafiquants de maladies".

Le pain "tapa lapa" est très prisé des populations en raison de la modicité de son prix, 100 francs CFA, par rapport à celui du pain de fabrication moderne, mais aussi en raison de son poids. Sa production et sa vente sont uniquement autorisées dans les villages.

Pour Oumar Kouta, "il est inadmissible que dans une ville comme Ziguinchor où tous ont loué la qualité de ses services (....) que ce produit fabriqué de manière artisanale puisse se commercialiser jusqu'en plein centreville".

Présent à la conférence de presse, l'inspecteur régional du commerce, Serigne Diao, a reconnu que "le +tapa lapa+ existe bien à Ziguinchor". Ce pain, a-t-il souligné, "est interdit en ville".

"Le phénomène est là", selon Diao qui a fait état d'une "saisie record", par ses agents, de 1.801 baguettes, rien que pendant que le mois du Ramadan.

Il a invité les boulangers à faire preuve de "progressisme". "Il faut progresser et s'acheminer vers la production d'un deuxième format de pain", a conseillé Serigne Diao.

A côté de la baguette de 200 grammes vendue à 165 francs CFA, les boulangers doivent proposer une nouvelle baguette à 100 francs. "Le seul format ne suffit pas, il faut donner au consommateur la possibilité de choisir", a dit l'inspecteur régional du commerce.

Pour lui, "la population a aussi ses exigences" que les boulangers doivent suivre "pour la sauvegarde de l'outil de production".

L'inspecteur a annoncé qu'un comité technique de suivi du secteur de la boulangerie a été récemment mis en place à Ziguinchor, pour améliorer la qualité du pain. Un questionnaire sera adressé prochainement aux populations pour recueillir leur avis, a-t-il ajouté.

L'acheminement du pain au moyen de vélos et dans des sacs sera interdit, a annoncé l'inspecteur.

Le comité technique de suivi, composé des services d'hygiène, de santé, de police, etc., sera un organe de protection civile, a dit Serigne Diao. "Il fera une descente dans les boulangeries pour voir si elles respectent les normes de sécurité", a-t-il prévenu.


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