Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: La gratuité de l'enseignement primaire dans les établissements public n'est que de façade

Kinshasa — La rentrée scolaire 2010-2011 est annoncée pour le lundi 6 septembre prochain. Avec, en prime, la gratuité « effective de l'enseignement primaire dans les établissements public », annoncée le 30 août dernier à Kananga par le chef de l'Etat.

Mais, les parents d'élèves ne sont réjouis de la nouvelle que durant un laps de temps, le ministre de l'Enseignement primaire, secondaire et professionnel ayant résolu de jouer au rabat-joie.

Sans attendre une décision du gouvernement que le chef de l'Etat « charge de prendre toutes les dispositions nécessaires pour rendre effective la gratuité de l'enseignement dans tous les établissements publics dès la rentrée dès la rentrée scolaire 2010-2011 », il a vite faire d'en réduire la portée.

« La gratuité ( ) sera rendue effective en deux phases », a-t-il décrété, en lieu et place du Conseil des ministres.

Son communiqué « officiel », publié à la suite de celui du président de la République, décrète que la première phase « concerne les classes de première, deuxième et troisième années primaires dans toutes les provinces hormis les villes de Kinshasa et de Lubumbashi où le taux d'exclusion et l'indice de parité, fille-garçon, sont les plus faibles du pays ».

Alors que « l'enseignement primaire est obligatoire et gratuit dans les établissements publics », aux termes de l'alinéa 5 de l'article 43 de la Constitution. « L'éradication de l'analphabétisme (étant) un devoir national pour la réalisation duquel le gouvernement doit élaborer un programme spécifique », souligne l'article 44.

Et sans autre précision et dans un style sibyllin, il a, tout aussi souverainement, décidé que « la gratuité sera étendue dans la seconde phase aux autres classes du primaire et aux villes de Kinshasa et de Lubumbashi ».

Si « le ministre est responsable de son département », l'article 93 l'astreint à appliquer « le programme gouvernemental dans son ministère, sous la direction et la coordination du Premier ministre. Il statue par voie d'arrêter », généralement débattu en Conseil de ministres.

Dès lors, rien ne saurait justifier le fait qu'il appelle, d'un côté, « tous les enfants à l'école » et, de l'autre, en discrimine une grande partie « dès la rentrée scolaire 2010-2011 ». Prenant ainsi le chef de l'Etat à contre-pied.

Par ailleurs, la part du budget réservée chaque année à l'Education nationale étant « généralement inférieure à 5% », les Congolais sont curieux de connaître « la hauteur » des frais de fonctionnement qui « seront alloués aux écoles publiques ainsi qu'à tous les bureaux gestionnaires ».

Outre cette gratuité de façade, les pouvoirs publics doivent trouver des solutions durables à la démotivation des enseignants et du personnel de l'Education nationale, l'inexistence et l'insuffisance du matériel didactique, la corruption et au clientélisme dans l'évaluation des apprenants.

« L'enseignement n'est plus élitiste mais plutôt de masse, au détriment de sa qualité et l'enseignant mal payé, clochardisé et sans sécurité sociale », déplorent des syndicats des enseignants.


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