Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Occupation du littoral - Bras de fer entre Atépa et l'urbanisme

L'architecte Pierre Goudiaby Atépa ne démord pas dans son combat pour la restitution intégrale des plages du littoral au commun des Sénégalais. Par l'intermédiaire de son avocat maître Ibrahima Diallo, il a finalement assigné en justice le Directeur de l'Urbanisme qui devra apporter des arguments dans les prochains jours devant les juridictions compétentes.

aPierre Goudiaby Atépa mène un combat depuis plusieurs années contre les promoteurs immobiliers qui construisent sur le littoral, « privatisant »du coup les plages situées aux alentours. Sûr de son fait, documents à l'appui, Pierre Goudiaby Atépa a annoncé jeudi l'assignation en justice du Directeur de l'Urbanisme. « Il va comparaître devant les juridictions compétentes dans les tous prochains jours » informe l'architecte qui a commis un collectif d'avocats piloté par Me Ibrahima Diallo. Le fonctionnaire de l'Etat devrait expliquer les raisons de l'octroi de permis de construire, notamment aux promoteurs de la Plage de Terroubi, du Magic land et de la plage du Virage, non loin de l'Aéroport Léopold Sédar Senghor.

« Si ces constructions illégales continuent sur le littoral, nous n'aurons rien à laisser aux générations futures qui ont aussi besoin d'une vue sur la mer », s'emporte l'architecte qui dit bénéficier pèle-mêle du soutien de plusieurs autorités de la République dans ce combat épique qu'il mène. Parmi ces personnalités figureraient le Chef de l'Etat, les ministres d'Etat Oumar Sarr et Djibo Kâ, de même que le maire de Dakar Khalifa Sall. En fait, il semble que les promoteurs immobiliers en question se sont engouffrés dans une brèche de la loi sur le littoral qui fixe certaines exceptions pour cause d'utilité publique.

Cependant, il est aujourd'hui avéré que les promoteurs utilisent les infrastructures à des fins purement privées. Les mis en cause brandissent non seulement des permis de construire, mais aussi des titres fonciers en bonne et due forme. Le combat de l'architecte soutenu depuis deux ans par une association dite « Sos Littoral » se résume simplement ainsi : que les promoteurs démolissent les constructions déjà faites sur les plages.

Sinon, les croisés du littoral promettent de casser lesdites installations pour exiger après coup un remboursement. Presque tout le littoral dakarois est concerné par ce débat, hormis la plage de Ouakam encore épargnée du fait d'une forte mobilisation des habitants. L'architecte et ses soutiens vont prochainement lancer des pétitions en direction des populations pour une forte mobilisation contre ceux qu'ils appellent les « voleurs de plage ».


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