Le Soleil (Dakar)

Guinée: Les politiques et le destin national

Cellou Dalein Diallo et alpha Condé, les deux candidats en lice pour le second tour de la présidentielle, ont signé hier à Ouagadougou un accord important pour l'avenir de la Guinée et pour eux-mêmes tant les destins des pays sont liés à ceux qui les dirigent.

C'est a eux qu'appartient le devenir des populations si par hasard ils parviennent à s'émanciper de cette logique ethnique qui les a propulsés où ils en sont. La logique populaire qui porte Dalein Diallo est celui de candidat des peuls qui pensent que leur tour est venu, après celui des malinkés avec Sékou Touré et des Soussous avec Alpha Condé. L'homme a beau démentir, il en a bénéficié et ses électeurs s'attendent à un retour d'ascenseur. Ses adversaires malinkés et soussous notamment font cause commune pour prévenir une vengeance.

La Guinée s'est forgée comme qui dirait dans cet ethnicisme chronique. De la fameuse « déclaration de guerre au Peuls » par Sékou Touré dans les années 72, à celle de Lansana Conté qui lors de la campagne à la présidentielle de 2003, affirmait que gagner les élections n'était pas sa préoccupation mais celui des soussous ; pour souligner la crispation ethnique en Guinée.

Les raisons ce cet ethinicisme sont sans doute à rechercher dans la faillite de l'Etat si par hasard un Etat a existé en Guinée avec une France qui voulait faire payer à Sékou Touré son téméraire refus de 58. L'Etat naissant ayant été privé de tout au point de ne pouvoir garantir le minimum sécuritaire aux populations, le reflexe du repli identitaire ethnique a joué fortement. Le sentiment que l'on n'est en sécurité qu'avec sa famille et son ethnie a déteint et forgé les comportements. On habite dans le quartier de son ethnie, on s'accompagne avec son ethnie et l'on ne peut militer que dans le parti politique de son ethnie car, ailleurs, l'on est victime d'ostracisme et de rejet.

L'entrée en jeu du général Sékouba Konaté et sa neutralité dans les élections sont une véritable aubaine pour la nation guinéenne. Pour les acteurs guinéens l'enjeu n'est pas de gagner des élections pour occuper un palais, de s'entourer d'un système politique clanique et ethnique et de perpétuer les tares du passé, mais de reconstruire un Etat. Ils partent avec la chance qu'aucune ethnie n'étant majoritaire absolue, chacun a besoin d'un autre pour gouverner.

Sans doute qu'au delà de Dalein Diallo et de Alpha Condé, tous les acteurs guinéens ont compris que le destin d'un pays ce sont ces institutions et non ses hommes et que le temps de la reconstruction institutionnelle de la Guinée et la mise au travail de son peuple sont arrivés pour une intégration harmonieuse dans l'espace ouest africain. C'est tout le sens de la médiation du président Blaise Compaoré, des interventions du doyen et ainé des chefs d'Etat, Abdoulaye Wade, et autres bonnes volontés et qu'ils doivent tout faire pour que toutes les actions initiées pour que la Guinée ne sobre pas dans le chaos, ne restent pas vaines.


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