Africa Info (Douala)

Cameroun: Dossier Biao, des ex-employés désemparés réagissent

interview

Ai-Cameroun — Deux décennies après l'arrêt définitif des activités de cet établissement financier, plus de 500 ex employés, multiplient encore des démarches pour bénéficier de leurs indemnisations de fin de carrière pour plusieurs d'entre eux et de licenciement pour les autres. Voici quelques morceaux choisis des appréhensions de deux d'entre eux.

Pour Sylvestre Kinfac, ex contrôleur des agents et services à la Biao Cameroun

Toutes les solutions sont à envisager «Même au prix de descendre dans les rues, nous le ferons. On ne nous dit toujours pas grand-chose. Demander qu'on nous paye ne veut pas dire qu'il faut couper la tête de quelqu'un. C'est notre souhait. Seulement nous constatons que l'on fait du n'importe quoi. Il appartient à l'Etat de s'occuper de ce problème. Quelque soit ce que l'on a fait de notre argent, ce n'est pas notre problème. Même si les autres ont fait n'importe quoi à leur niveau, cela ne nous engage pas du tout. On est venu me présenter un bon à signer de 20%, j'ai refusé de signer cela. Vous savez, il est hors de question qu'on paye les droits à certaines personnes et non à d'autres. C'est un problème d'ensemble. J'ai même l'impression que ce sont les gens qui bloquent et envoient leurs messagers pour venir nous distraire. Le propre du Camerounais c'est un peu la tricherie. Si on avait sorti la liste établie par BNP et envoyée qui est conservée par la Société de Recouvrement des Créances du Cameroun, on aurait payé tout le monde. On n'aurait pas pris de l'argent pour remettre à un cabinet comptable pour qu'il refasse les calculs. C'est de la tricherie. Nous voulons notre argent, même s'il faut pour cela descendre dans la rue ».

Jean Yatcheu, Ex chef de service gestion et facilité à Biao Cameroun de son côté parle d'arnaque

«Ce qui pose problème avec notre payement, c'est la grosse arnaque, la dispersion des énergies par nous-mêmes parce que nous ne sommes pas concentrés ensemble pour revendiquer. Certains de nos collaborateurs sont entrés dans le jeu des intérêts personnels. Ils ont fait payer les uns et abandonné les autres. Je vous assure que nous vivons par la grâce de Dieu. Si ma vie ne dépendait que de moi, je serais déjà dans la terre et oublié. La CNPS n'a posé aucun problème. Je vis aussi grâce à ma petite pension vieillesse. Je sais que le Cameroun est une grande nation et les dirigeants de ce pays sont conscients du bas peuple qui souffre comme nous. Je reste confiant qu'un jour la vérité finira par triompher et que notre problème va enfin trouver une solution appropriée. Mais comme nous sommes des sans-voix, nous avons choisi une Ong, Partnership, qui multiplie des démarches pour nous aider».

Tout n'est pas perdu pour ces travailleurs de l'ex Biao à en croire ces témoignages. Seulement le silence des autorités administratives en charge de ce dossier laisse quelque peu perplexe.


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