La direction de la microfinance travaille à rendre opérationnel en début 2013 au plus tard un fonds multi-bailleurs comportant essentiellement un volet assistance technique destiné à harmoniser les interventions des systèmes financiers décentralisés (SFD), a annoncé à l'APS un de ses agents, Waly Clément Faye.
Ce fonds aura l'avantage de professionnaliser davantage les SFD, a expliqué M. Faye, chargé du suivi-évaluation du plan d'action de la Lettre de politique sectorielle de la microfinance.
Un "petit volet financier" dudit fonds va aider les structures qui ne le peuvent pas à accéder plus facilement au financement, a précisé Waly Clément Faye au deuxième jour -vendredi - d'un atelier organisé à Saly (Mbour) à l'intention du Collectif des journalistes économiques du Sénégal (COJES).
"L'enjeu, c'est de professionnaliser" davantage les SFD en les aidant à accéder plus facilement au financement, tout en harmonisant sur le plan opérationnel leurs différentes méthodes d'intervention, a-t-il dit.
Le démarrage de ce fonds multi-bailleurs va coïncider avec la fin, en 2012, de la plupart des programmes exécutés dans ce domaine, a noté ce responsable de la direction de la microfinance.
La création d'une telle structure s'impose donc, pour harmoniser les méthodes d'intervention et "fédérer tous les appuis des bailleurs de fonds".
"L'idée, c'est d'avoir un panier commun où tous les partenaires vont mettre leurs billes", a insisté M. Faye selon qui ce schéma reste encore à valider avant la mise en place effective de ce fonds multi-bailleurs.
Le directeur de la microfinance Tafsir Amadou Mbaye avait expliqué, au premier jour de ce séminaire que la mise en place de ce fonds multi-bailleurs visait à générer des ressources "importantes et tout à fait stables" notamment pour le financement des PME.
Selon lui, cette initiative vient en complément des efforts fournis jusque-là en termes d'institutionnalisation du milieu de la microfinance.
Il a relevé que "l'environnement est devenu tout à fait favorable au financement des PME" par les SFD, avec l'existence de guichets spécialisés pour ce type d'entreprises, "parce que c'est un métier à part, qui est tout à fait différent" de ce qu'elles faisaient jusqu'à présent.
Evoquant la "concurrence" des structures bancaires qui ont tendance à mettre sur pied des sociétés anonymes visant à capter la manne financière disponible destinée à la microfinance, Tafsir Amadou Mbaye a soutenu que cela permet "l'élargissement de la portée " du secteur.
"C'est un élément non négligeable" dans la mesure où certains partenaires techniques et financiers (PTF) disposent de ressources importantes qu'ils sont décidés à mettre à la disposition des populations sans passer par les banques, a-t-il analysé.
"Les IMF (institutions de microfinance) sont obligés de s'adapter pour ne pas disparaître", a dit M. Mbaye, notant déjà que l'existence de sociétés anonymes a contribué à une baisse des taux d'intérêt.
Le directeur de la microfinance a rappelé que les IMF contribuent à hauteur de 10 pour cent au financement de l'économie, non sans signaler l'inexistence de ressources "adaptées" pour le moyen et long terme.
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