Monseigneur Maixent Coly a été inhumé jeudi dernier à la cathédrale Saint Antoine de Padoue de Ziguinchor. Le siège est maintenant vacant, même si Paul Mamba, un de ses vicaires généraux, choisi par Rome depuis la maladie de ce dernier, assure l'administration en attendant la nomination d'un autre évêque.
'Aujourd'hui le siège épiscopal de Ziguinchor est en vacance, mais comme Rome a nommé un administrateur avant le décès de l'évêque, celui-ci va continuer le travail jusqu'à la nomination d'un autre évêque', déclare Abbé Jules Pascal Coly. En effet, le vicaire de la paroisse Saint-Paul de Grand-Yoff renseigne que les évêques du Sénégal comme tous les évêques sont nommés par le Vatican, sur proposition du président de la conférence des évêques. Actuellement c'est Monseigneur Jean Noel Diouf, évêque du diocèse de Tambacounda qui assure la présidence.
'L'évêque est nommé par le Pape. Pour nommer le nouvel évêque, le président de la conférence épiscopale, en l'occurrence l'évêque de Tambacounda, Monseigneur Jean Noel Diouf, propose une liste de trois prêtres au nonce apostolique (l'ambassadeur du Vatican au Sénégal : Ndlr). Des prêtres, dont on estime qu'ils sont en mesure d'assumer la charge d'évêque', explique le vicaire. Avant de poursuivre : 'Les dossiers sont déposés au niveau de la nonciature qui les achemine au niveau de Rome. Là-bas ce sont des gens, pour employer un mot qui ne sera pas juste, une assemblée qui étudie les dossiers pour voir quelle est la meilleure des trois candidatures'. Toutefois, il précise que le successeur du défunt évêque ne sera pas obligatoirement originaire du diocèse de Ziguinchor. Selon le prélat, il n'est pas dit que le nouvel évêque sera forcément du diocèse de Ziguinchor. Dans les diocèses de Kaolack et de Thiès, par exemple, les évêques ne sont pas originaires de ces localités.
En plus, même si c'est le Pape qui nomme le prochain évêque, il va, au préalable, consulter les chrétiens qui vivent avec le futur évêque. 'Il faut retenir une chose : l'évêque est nommé par le Pape, mais après avoir consulté sa communauté chrétienne', indique Abbé Jules Pascal Coly. Qui s'empresse de préciser que ces consultations doivent restées absolument secrètes. 'Par exemple, quand les gens viennent me consulter, ils viennent vers moi me disant : vous connaissez tel prêtre, pensez-vous que si on le nomme comme évêque il sera capable d'assumer cette charge. Parce qu'ayant prêté sermon en face des gens qui m'ont convoqué, je suis tenu au secret jusqu'à la fin de ma vie. Je n'ai pas le droit de dire à qui que ce soit que j'ai été consulté pour qu'un tel soit nommé évêque. Et je n'ai pas aussi le droit de le lui dire. Si je le fais et après on se rend compte que j'ai trahi mon sermon, je peux tomber sous la sanction de l'Eglise. Pour vous dire que la nomination d'un évêque est très délicate', poursuit-il.
Par ailleurs, pour être successeur du défunt évêque, celui qui sera nommé doit avoir un certain nombre de qualités morales et intellectuelles. 'C'est en fonction de la stature morale. Je ne peux pas être appelé à diriger un peuple alors que moralement et socialement je ne suis pas bon. Intellectuellement et spirituellement, ça ne marche. Il y a des qualités qu'il faut avoir pour être nommé à ce poste', dit-il.
Cependant, compte tenu de la situation sociale de la région, avec la rébellion, le vicaire de Saint Paul souligne que le prochain évêque est appelé à être un pasteur qui a des qualités d'homme de dialogue. 'Il est appelé à prendre en charge la vie diocésaine, la vie de tous les baptisés qui sont dans son territoire. Même si, sa fonction va au-delà. Parce que si on prend le cas de Ziguinchor, par rapport à la situation que nous connaissons Maixent Coly était un homme qui allait à la rencontre des rebelles dans la forêt. En plus, il rencontrait régulièrement l'iman ratib de Ziguinchor pour essayer de voir comment régler cette situation. Donc son remplaçant doit continuer son oeuvre', préconise-t-il.

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