Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Filière arachidière - Les exigences des banques

Les acteurs de la filière arachidière se sont réunis hier, vendredi 2 septembre, en présence du ministère de l'agriculture. L'objectif de cette rencontre était de préparer la prochaine campagne, pour que les financements soient suffisants et disponibles à temps.

Une occasion pour faire l'état des remboursements des sommes injectées dans la précédente campagne. Un bilan qui laisse apparaître un retard dans les remboursements. C'est pourquoi, les banquiers ont posé des conditions avant de mettre la main à la poche. Parmi ces conditions, il y a les modalités de gestion des « queues de la précédente campagne »et la mise à disposition des informations financières par les industriels.

La rencontre organisée par le ministère de l'agriculture, entre les banquiers et les industriels impliqués dans la campagne de commercialisation agricole, a été une occasion pour les premiers de poser les conditions préalables au financement de la prochaine campagne.

C'est ainsi que, faisant le bilan de la campagne 2009/ 2010, le ministre a révélé une participation du pool bancaire locale à hauteur de 54% dans ce financement, soit un montant globale de 30 milliards de F Cfa. Le reste ayant été complété par des financements externes (off shore). Mais à la veille du démarrage de la campagne 2010/2011, les huiliers industriels (la Suneor et la Novasen) doivent encore des crédits aux établissements financiers.

La Suneor doit encore rembourser 15 milliards aux banquiers et 3,5 milliards de dettes off shore de FCfa, tandis que pour la Novasen le montant des dettes est estimé à 4 milliards de FCfa. Au vu de cette situation, Khadim Guéye a interpellé les responsables de la Suneor « sur ces taux résiduels qui risquent de faire peur aux banques, en perspective de la prochaine campagne ». Une situation que le responsable de la Suneor met sur le compte des quelques impondérables sur « le rythme planifié de la vente qui n'a pas été suivi ».

Ce qui n'est pas sans entraîner un télescopage sur les deux campagnes de 2009/2010 et 2010/2011. Ce télescopage va créer un phénomène de « queue de campagne » qui est préjudiciable aux banques. Ces pourquoi, ces dernières, en perspective de la campagne qui s'ouvrira dans quelques semaines, ont posé un certains nombre de préalables pour pouvoir entrer dans le financement de la campagne à venir.

Arfang Daffé, au nom du pool bancaire local a passé en revue les préalables pour préparer le financement de l'édition présente que le ministre et les acteurs eux-mêmes, souhaitent précoce. Une chose que M. Daffé juge « techniquement possible, car l'année dernière les financements étaient disponibles dès le 14 novembre ».

Mais, ajoute-t-il, « il y a des conditions au financement du secteur bancaire. Une campagne ne doit pas se chevaucher avec une autre. Autrement dit, il ne faut pas qu'il y ait de queues de campagne. Il faut que les crédits aient été remboursés pour que nous puissions entamer la campagne qui suit. Visiblement cette année encore, il y aura des queues de campagnes. Et, il a été imaginé, ce n'est pas nouveau, des systèmes qui permettent de faire le relais entre la campagne précédente et la présente en remboursant, par biais de crédit relais « bridge loan », les queues qui resteraient sur les campagnes précédentes ».

M Daffé, précise qu'en plus de cette première condition, la deuxième condition exige une certaine lisibilité pour la campagne prochaine, en ce sens qu'elle permet de situer les attentes en termes de production surtout les attentes en termes de collectes par les industriels et quels sont les prix qui seront fixés.

« La présence du comité national interprofessionnel de l'arachide CNIA aura aidé à savoir, au plus tard dans la troisième semaine de septembre, les prix qui pourront permettre aux banques de se faire une idée en matière de niveau de financement. Il faut aussi que les industries fassent l'effort de faire un bilan physique de ce qui a été fait, s'il y a une contrepartie de ce qui a été fait et qui n'a pas été réalisé. Que l'on sache effectivement que l'argent a été utilisé dans la collecte de la graine », indique t-il. Cela implique la disposition, en terme financier, faute d'états définitifs, au moins d'états provisoires des industriels.

« C'est parce que les banques n'ont pas toutes leurs conseils d'administration à Dakar. Certaines tiennent des sessions à l'étranger et, là bas ils ne peuvent se baser que sur des documents. Il faut donc que les industriels puissent nous donner ces documents afin qu'on puisse faire ce travail », précise-t-il.

Cette rencontre a permis de faire le point sur l'encourt qui reste dans le financement de la campagne. Après évaluation de la situation de la campagne 2009/2010, des recommandations ont été formulées par les acteurs et le ministre de l'agriculture Khadim Gueye. La première, c'est le remboursement des emprunts que les industriels ont fait auprès des banques. La deuxième c'est la production, par les industriels, d'une situation claire de leur exploitation. La troisième c'est la réflexion pour un montage financier qui permettrait de faire des crédits relais. Alors que la quatrième conclusion serait de faire en sorte qu'au 30 septembre, au plus tard, le prix au producteur de cette année soit connu et que les informations demandées par les banques soient disponibles.

Sur la base de ces éléments, les banquiers vont se retrouver pour faire leur réunion d'intention avant de se retrouver avec les autres acteurs pour une nouvelle concertation, le 30 septembre.


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