Kinshasa — Le 1er Septembre 2010, en Ituri, dans le territoire d'IRUMU, plus précisément à TCHEKELE, une bourgade de la Collectivité de WALENDU BINDI, située à 70 Kms au Sud de Bunia, la préoccupation majeure des habitants du village n'est pas la rentrée scolaire comme partout ailleurs au Congo, mais tout un chacun s'évertue à mettre sa vie et celle de sa famille en sécurité, car la guerre y est revenue.
Le groupe armé local, le FPJC cher à Colonel COBRA MATATA, récemment revenu de Kinshasa où il avait rejoint l'armée nationale qu'il vient de déserter et au Colonel MBADU connaît un regain d'activité qui inquiète. Des violents combats les ont opposés aux Forces Armées de la République basée à TCKEKELE et bien sûr, ces combats ont fait des victimes non seulement parmi les civils, mais aussi parmi nos militaires : un sergent et un officier supérieur , un major , grièvement blessés . C'est là que commence l'affaire Major MWAMBA !
C'est lui l'officier supérieur qui serait touché à l'épaule, alors qu'il s'activait avec son sergent à monter un mortier afin de pilonner le groupe rebelle. Les FARDC n'ayant aucun service médical capable de prendre en charge le blessé sur terrain, c'est la MONUSCO qui l'achemine vers BUNIA dans un hôpital de la MONUSCO. C'est à l'hôpital Marocain de la monusco qu'il est accueilli le 1er Septembre 2010. L'Officier supérieur congolais est blessé à un endroit délicat où plusieurs nerfs sensibles convergent : à l'épaule. La balle qui l'a dangereusement blessé est toujours dans le corps. Il faut l'opérer et ôter la balle et les Médecins Marocains de Bunia sont unanimes : avec une bonne prise en charge médicale du malade, sa vie ne serait pas en danger.
Seulement, eux ne peuvent entreprendre cette délicate opération chirurgicale à cet emplacement du corps à cause de l'enchevêtrement de nerfs. Seul un neurochirurgien peut la faire et il faut scanner la zone de la blessure pour savoir si l'on peut le remettre sur pied sans endommager un nerf important. L'hôpital Onusien de BUNIA n'a pas de neurochirurgien, ni de scanner. Il faut transférer le malade à un autre hôpital onusien de niveau supérieur, notamment, l'hôpital de niveau 3. Jusque-là, le principe de l'appui logistique des FARDC en opération par la MONUSCO marche bien. C'est en effet la MONUSCO qui a évacué les deux blessés de la zone des combats vers Bunia. C'est un hôpital onusien qui traite les deux blessés. Les problèmes commencent à ce niveau.
L'hôpital Marocain de la MONUSCO demande l'évacuation du blessé vers un hôpital toujours de la MONUSCO de niveau 3 à Kinshasa ou à Goma. La réponse du Responsable Médical Militaire de Kinshasa est négative. Seuls les Le Staff de la MONUSCO ont droit à une évacuation. Les tractations continuent dans l'entre temps. Le pauvre malade lui attend une prise en charge adéquate qui le sauverait dans les prévisions optimistes d'une infirmité et dans le cas pessimiste de la mort. Des tergiversations inutiles des divers responsables de la MONUSCO retardent celle-ci, rendant la prise en charge plus tard moins efficace. Si les deux éventualités citées plus haut arrivaient, elles leur serait imputables et la MONUSCO serait accusé de non-assistance à une personne en danger ; ce qui est une violation grave du Droit humanitaire international.
Nous connaissons déjà par coeur les justifications des responsables de la MONUSCO qui sont du genre : " c'est le gouvernement de la RDC qui est d'abord le premier responsable de la prise en charge de ses soldats blessés en cas d'opération militaire. La MONUSCO n'est là qu'en appui". A cette objection pertinente, nous répondrons par une anecdote. Cette objection tant répétée de la MONUSCO ne tiendrait pas debout. Supposons qu'un homme nanti aille visiter son frère moins nanti. Ce frère a aussi des moyens, mais il les dissipe dans les débits de boisson et avec des prostituées. L'homme nanti trouve chez son frère qu'un de ses fils est sérieusement malade et sujet à la mort et que seule une prise médicale rapide peut le sauver. Il se refuse à sauver le malade à cause de la mauvaise conduite de son frère et le fils meurt. Que dira-t-on ? Que l'homme nanti n'a pas voulu sauver le malade alors que c'était possible. Il est coupable.
Chez nous, on le considérerait comme un sorcier. L'homme nanti, c'est la MONUSCO. Le frère irresponsable de l'homme nanti, c'est la Gouvernement de la RDC et le Fils malade du frère de l'homme nanti, c'est le Major Mwamba. Comme, on le voit par cet exemple, la MONUSCO s'en tirerait difficilement à bon compte. Ce qui nous ramène au frère irresponsable de notre anecdote qui est le gouvernement Congolais. "Depuis que la guerre existe, c'est celui qui engage les soldats qui a la responsabilité de les nourrir, de les armer correctement, de les soigner en cas de blessures". Il existe à Bunia une zone opérationnelle depuis cinq ans. Cette zone a un budget.
Comment n'a-t-on pas pu prévoir dans ce budget l'érection d'une unité médicale et des évacuations éventuelles en cas de blessures graves ? Pourquoi des cas comme celui de cet officier supérieur est laissé aux mains des étrangers et que la survie d'un digne fils du pays blessé en s'acquittant de son devoir est-il laissé au bon vouloir des étrangers qui peut-être n'aiment pas la pays qu'ils sont censés aider ? Plus grave, même sur terrain, il n y a même pas une civière. Il n y a pas des produits pharmaceutiques pour les premiers soins de nos soldats blessés. Est-ce qu'il n'y a plus de conscience dans le chef de notre hiérarchie ? Autant des questions graves que le peuple Congolais se pose. Ce qui nous amène à nous poser une autre question. N'y a-t-il pas dans ce grand pays des personnes capables d'organiser les choses afin d'ôter la honte et les humiliations dont nos soldats sont victimes chaque jour sur terrain ? Secouons-nous enfin !
Au-delà de nos clivages politiques, il nous faut ressusciter ce pays. Nous ne devrions pas dormir paisiblement tant que ce digne fils du pays blessé en train d'accomplir son devoir pour que sa population vive dans la quiétude risque la mort et nous n'avons rien fait. A la MONUSCO de justifier sa présence en RDC en aidant le petit frère irresponsable et en sauvant son fils le Major Mwamba. Que notre cri soit entendu à tous les niveaux.
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