« Les régions du Centre-Nord, du Sahel, des Hauts Bassins, de l'Est et du Plateau-central ont été fortement touchées par les récentes inondations au Burkina Faso. Selon les estimations provisoires des services gouvernementaux, 13 200 ménages comprenant plus de 105 000 personnes ont été touchées entre le 22 juillet et le 03 août 2010 par ces inondations.
Outre la perte de 15 vies humaines, on déplore d'importants dégâts matériels dont notamment des habitations, des milliers d'hectares de champs, des greniers de vivres, des animaux, des forages, des écoles et autres infrastructures publiques.
Les populations sinistrées, réfugiées dans des infrastructures publiques, des clairières ou sur des collines sont actuellement dans un état de dénuement total. Leurs besoins en abris, nourriture, eau potable, soins médicaux et vêtements sont énormes.
Conformément à sa mission première qui est de sauver des vies pendant les catastrophes naturelles, le PAM a mis immédiatement en oeuvre une opération d'urgence pour répondre aux besoins alimentaires urgents des populations sinistrées des deux régions les plus touchées à savoir le Centre-Nord et l'Est.
Cette opération est destinée à couvrir les besoins alimentaires de plus de 65000 personnes dont 13000 enfants en insécurité alimentaire pendant un mois.
Parallèlement, une distribution de farine enrichie et d'huile végétale fortifiée est faite au profit des enfants de moins de 5 ans pour prévenir la malnutrition qui est une des causes de la mortalité infantile au Sahel.
Pour être plus proche des populations touchées et mieux assurer le suivi de l'opération de distribution de vivres, le PAM a ouvert une antenne à Kaya, dans la région du Centre-Nord.
Environ 500 000 dollars américains ont été mobilisés par le PAM afin d'apporter cette assistance d'urgence. L'opération est menée en partenariat avec le CONASUR, Save the Children et la Croix Rouge Burkinabè.
Les fortes pluies ont fortement dégradé les pistes rurales qui étaient déjà difficiles à emprunter. Pour faire parvenir les vivres aux populations, le PAM utilise toutes formes de transport y compris des charrettes et des pirogues. Les services de l'armée de l'air pourraient aussi être utilisés si la situation ne s'améliore pas.
Pour accompagner les sinistrés dans la restauration de leurs moyens de subsistance, le PAM prévoit après cette action de secours d'urgence, d'assister les victimes à travers une opération de « transfert monétaire contre travail ». Il s'agira de réhabiliter les petits barrages, les bas-fonds et de créer de petites infrastructures pour minimiser l'impact des inondations. L'objectif de cette opération est d'assurer une assistance alimentaire et aider les communautés et l'économie locale à se redresser.
En tant que Chef de file du Système des Nations Unies pour les questions d'urgence et d'assistance humanitaire, le PAM conduit actuellement une mission d'évaluation des besoins, conjointement avec le Gouvernement, le Système des Nations Unies, les ONG et associations partenaires dans les deux principales provinces touchées (Namentenga et Gnagna) en vue d'évaluer le meilleur type de transfert monétaire à mettre à oeuvre ainsi que les conditions nécessaires au bon déroulement de l'opération. Toutefois, de la réponse des donateurs, dépendra la mise en oeuvre de cette opération post inondation, mais l'espoir est permis.
Août 2010 » SPECIAL COCKTAIL FLASH SUR LES INONDATIONS
* 150 millions de FCFA, c'est le geste salvateur fait par l'UEMOA pour soutenir les victimes des inondations récentes. Selon Sidwaya, le ministre délégué chargé du Budget, François Marie Didier Zoundi, a remercié et annoncé que ce chèque venait à point nommé et il a donné la liste des actions rapides à mener : les kits d'urgence pour les sinistrés, la réhabilitation des écoles effondrées. Il faudrait qu'on pense à remettre parfois en espèces aux familles, une partie des montants alloués pour les sinistres. En plus des accompagnements par les structures en place pour aider avec des matériaux, des nattes, de la sardine et autres, ces espèces sonnantes et trébuchantes constitueraient un « Plus » très apprécié. A bon entendeur...
* A noter que cette année, il n'y a pas l'engouement des Burkinabé pour aider. Comment l'expliquer surtout qu'il y a eu plus de morts qu'en 2009 (16 contre 9 l'an passé) ? D'abord, il n'y a pas eu d'appel comme l'année dernière fait par Blaise Compaoré. Ensuite, ça s'est passé en dehors de la capitale. Il faut se dire aussi que l'habitude s'installe et les Burkinabé se disent que dorénavant chaque année, on aura droit aux inondations, donc si on doit aider chaque fois, c'est trop demander. Bref, l'envie d'aider s'amenuise forcément. Pourtant, on n'est pas loin des chiffres de l'an passé puisqu'on parle provisoirement de 105.000 sinistrés (soit plus de 13.000 familles) contre 150.000 en 2009.
* Et de toute manière, les Burkinabé, qui se cherchent déjà pour cette rentrée, n'auraient certainement pas le coeur à encore mettre la main à la poche surtout qu'ils sont sceptiques quant à l'utilisation des aides de 2009. L'an dernier, les partis qui demandaient la transparence n'ont pas eu gain de cause car sur le Net, on ne voyait que les contributions sans dispatching des sommes décaissées !
* Cette année, le besoin de financement annoncé est de 4 milliards 530 millions de fcfa ! Sans doute que les infrastructures ont été moins touchées car les pluies n'ont pas concerné la capitale et surtout, il n'est pas prévu pour les « villageois », d'aides à la reconstruction. Le ministre Vincent Dabilgou précise d'ailleurs à notre confrère L'Opinion que ce n'est pas le gouvernement qui leur a délivré un permis d'habiter, qu' « ils se sont installés eux-mêmes dans le cadre de l'habitat rural ». Et il dira qu'un montant forfaitaire de 50.000 f sera remis par le gouvernement pour aider à la reconstruction dans les villages. Espérons qu'on a mal compris et que ce n'est pas 50.000 f par village !
* Sur ces plus de 4 milliards, on n'a récolté pour le moment qu'un peu plus de 450 millions. Mais on apprend que le pouvoir a envoyé une requête d'assistance au Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies pour les besoins pour l'assistance aux sinistrés pendant une période de trois mois : coût estimé à plus de 9 milliards de FCFA. C'est assez perturbant car on ne comprend plus les chiffres. On parle de 4 milliards, puis de 9 milliards pour 3 mois. En tout finalement, il faut combien pour les infrastructures et pour les sinistrés jusqu'à ce que tout redevienne normal ?
* On sait que l'an dernier, 24.271 maisons se sont écroulées. A l'heure d'aujourd'hui, le ministre peut-il nous dire combien ont été reconstruites ? Nos colonnes lui sont grandes ouvertes, à lui comme à ses services !
* Le ministre a expliqué qu'il y avait un surplus des sommes de l'an passé et que cela servira aux travaux en cours car des tranches ont été avancées alors que les travaux ne sont pas terminés. Bien on a compris, mais peut-on avoir plus de précisions, savoir par exemple quand ce sera réglé, combien exactement pour quoi et à qui précisément ?
* Beaucoup de Burkinabé trouveront déplacée, cette phrase auto glorificatrice du ministre Dabilgou : « Le 1er septembre nous a fait grandir ».
* Justement, notre confrère JJ, parlant des sinistrés du 1er septembre de Tanghin dont de nombreux attendraient une indemnisation avant de quitter les lieux, se pose la question : «Seraient-ils oubliés par les autorités communales et gouvernementales ou celles-ci tenteraient-elles de jouer avec le feu ? Un an après le déluge du 1er septembre, il y a bien des leçons qu'on n'a pas encore tirées. Rien donc d'étonnant si Noé peine toujours à achever son arche salvatrice ». Si on n'a pas tiré les leçons, on n'a donc pas grandi ! Ou bien ?
* L'an passé, plus de 18.000 parcelles à titre de propriété ont été remises à Yagma aux sinistrés avec un peu d'aide pour la reconstruction, comme chacun sait. Mais évidemment, ça n'a pas été le Pérou pour les sinistrés : une aide minime et remise parfois au mauvais moment puisque beaucoup ont utilisé cet argent pour survivre ce qui fait qu'aujourd'hui, le lieu ressemble plus à un camp de réfugiés. Ceux qui avaient leur commerce n'ont pour la plupart pu se remettre au travail, ayant tout perdu.
* Jeune Afrique, faisant un article sur les conditions précaires de Yagma (Edition N° 2590 du 19 août au 04 septembre) explique qu'un sinistré, qui n'était que locataire, lui fera savoir qu'il est content car il devient propriétaire et que c'est sa première fois. On pensait pourtant que les locataires n'avaient pas droit à des parcelles mais seulement à une aide en espèces ! Bizarre !
* A Séguénégua, comme chacun sait, les inondations ont fait plus d'un millier de sinistrés le mois dernier. Beaucoup de personnes n'avaient jamais vu une telle furie des eaux. Il a été décidé, et on s'en félicite, que dorénavant, il y aurait une distance réglementaire séparant les habitations du barrage relativement aux attributions des parcelles ! Il faut généraliser cette mesure partout où il y a des barrages et autres points d'eau.
* Et pour finir, sachez qu'il sera commémoré le 07 septembre prochain, à Yagma, l'appel à la solidarité nationale et internationale du chef de l'Etat suite aux inondations de 2009. Le chef de l'Etat patronnera lui-même cette cérémonie destinée à remercier toute la Nation et l'ensemble des donateurs qui ont fait montre de solidarité exceptionnelle à l'occasion du drame vécu. Sera-t-il lancé, à l'occasion, un nouvel appel à la solidarité pour les inondations de cette année ? On verra bien. Et pourquoi, tant qu'à faire, ne pas instaurer ce jour-là, la Journée de la solidarité nationale ?
NOTE DE LA REDACTION
Dans notre Edition de la semaine passée (N° 580), dans l'article intitulé « Limitation du mandat présidentiel : aurait-on tout perdu en perdant la bataille de 2005 ? », en lieu et place de la phrase suivante prêtée au président de l'Assemblée nationale, Mr Roch Marc Christian Kaboré, « Roch Marc Christian Kaboré dira même que cette limitation du mandat est anticonstitutionnelle... », il fallait lire « Roch Marc Christian Kaboré dira même que cette limitation du mandat est antidémocratique... ». Toutes nos excuses.

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