Kinshasa — La rentrée des classes 2010-2011 risque de ressembler à toutes les autres, depuis que les parents ont pris en charge le système éducatif congolais. La bataille gouvernement-syndicats s'est de nouveau engagée la veille. Pomme de discorde la paie des mois de juillet et août 2010 au plus tard le 4 septembre.
La rentrée scolaire aura-t-elle lieu ce lundi 6 septembre? C'est la question que l'on se posait jusque hier 5 septembre, la veille de la rentrée scolaire 2010-2011. Cela du fait de la position inchangée des syndicats les plus représentatifs du secteur de l'Enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP). Ils conditionnent la rentrée des classes au paiement, au plus tard le 4 septembre, du salaire du mois d'août 2010. Conformément au point 8 du protocole d'accord du 19 août 2010, issu des négociations gouvernement-syndicats de l'EPSP.
De sources syndicales, Le Potentiel a appris que jusqu'au le vendredi 4 septembre 2010 les enseignants et personnel de l'EPSP de certaines provinces n'avaient pas perçu leurs salaires du mois d'août 2010.
On cite dans le lot les villes de Mbandaka, Bandundu, Lubumbashi, Kisangani et certaines écoles de la ville de Kinshasa. C'est sur quoi s'appuient les syndicats de l'EPSP pour prendre à témoin l'opinion sur le non respect par le gouvernement central de sa parole. Ainsi décident-ils de conditionner la rentrée des classes au paiement du salaire du mois d'août sur l'étendue du territoire national. Le gouvernement en portera seul la responsabilité, avertissent-ils.
LE SYECO CONDITIONNE LA RENTREE DES CLASSES
C'est du reste la position du Syndicat des enseignants du Congo, Syeco, qui s'est réuni le samedi 4 septembre au siège national du quartier Matonge, journée commémorative de ses 20 ans d'existence et de lutte.
Se prononçant sur la rentrée des classes, le Syeco la conditionne au paiement des salaires d'août qui n'est pas encore effectif pour tous les enseignants de la République du secteur public.
Pour n'avoir pas payé les salaires de juillet et août au plus tard le 4 septembre, le Syeco constate que le gouvernement a violé le point 8 du protocole d'accord issu des négociations Gouvernement-Syndicats de l' EPSP. Car jusqu'au samedi 4 septembre au moment où il tenait son assemblée générale, seules les villes de Matadi, Butembo, Bukavu, Mbuji-Mayi, Goma et quelques écoles de Kinshasa avaient perçu leurs salaires du mois d'août 2010.
Par ailleurs, le Syeco salue la décision du chef de l'Etat sur la gratuité de l'enseignement primaire de la 1ère en 3ème année. Néanmoins, la gratuité devait concerner, poursuit-il, la suppression de la prise en charge des enseignants par les parents d'élèves (motivation), au lieu de se limiter seulement au minerval et à l'assurance scolaire.
C'est à cette condition, croit le Syeco, que la gratuité pourrait alléger la charge des parents et concrétiser le droit à l'éducation de tous les enfants congolais et ceux des enseignants. Et puis, elle ne devra plus être sélective.
LE MINISTRE CONFIANT
Le ministre de l'Enseignement primaire, secondaire et professionnel, Maker Mwangu Famba, pour sa part, continue d'afficher la sérénité. Au regard des éléments techniques en sa possession. il croit dur comme fer que la rentrée des classes aura lieu ce lundi 6 septembre. Les dix-huit syndicats du secteur de l'EPSP qui ont participé dernièrement à la rencontre avec le gouvernement ont assuré le ministre de l'EPSP de leur implication pour que la rentrée des classes soit apaisée.
Cependant, à entendre les enseignants qui sont les premiers concernés, les représentants de ces dix-huit syndicats risquent d'être désillusionnés. Les réalités sur le terrain démontrent tout le contraire de ce qu'affirment les délégués.

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