Ce 6 septembre 2010 est donc jour de rentrée pour les élèves du primaire et du secondaire au Cameroun. Dans les établissements, les préparatifs pour un démarrage effectif des cours ont fait l'objet de différents aménagements. Le ministre des Enseignements secondaires, Louis Bapès Bapès a donné le ton par une instruction pour que toutes les réunions préparatoires se tiennent longtemps avant. Au plus tard, le 02 septembre dernier comme cela a été le cas dans la plupart des établissements de Yaoundé. Ses services centraux et déconcentrés ont d'ailleurs bouclé bien avant, réunions, colloques et séminaires.
Même si par ailleurs et on peut le déplorer, Louis Bapès Bapès lui-même, a péché par des nominations de dernière minute rendues publiques samedi, 3 septembre dans la soirée.
Un mouvement des responsables qui intervient après celui de plus grande amplitude enregistré et mois de juillet et alors qu'on avait fini par croire que tout était bouclé dans ce sens. Ces mutations du personnel à quarante huit heures de la rentrée des classes auront certainement une incidence sur le déroulement de l'année scolaire. Tout au moins dans les établissements concernés.
Tout comme la rue a sa part d'influence sur déroulement des préparatifs et le début effectif des cours. Les grandes villes sont de ce point de vue, envahies par les vendeurs ambulants des fournitures scolaires. Comme les supermarchés sont devenus infranchissables à cause de la foule immense de parents et élèves à la recherche du nécessaire pour la rentrée. Cette envahissement de la route par les acteurs de la communauté éducative qui se bousculent par ailleurs devant les édifices scolaires à la quête de recrutement, est la preuve que la rentrée scolaire au Cameroun, malgré la mal-vie et le temps qui passe est un rendez-vous.
Un moment fort de la vie nationale. Celui qui, en réalité va animer les autres battements du coeur du pays pour le reste de l'année. Cette effervescence ne résout cependant pas les véritables problèmes posés par le système éducatif camerounais dans son ensemble. De l'intérieur, l'on pense que les conditions de déploiement de l'enseignement primaire montrent bien que l'accès à cet ordre d'enseignement reste dominé par les inégalités multiples. Le coût des manuels est élevé additionné à l'augmentation croissante des frais des associations des parents d'élèves. Le retard du déblocage des frais de la caisse d'avance et du paquet minimum censés permettre le démarrage des cours, fait partie des problèmes récurrents.
Tableau en clair-obscur donc pour une reprise de la vie scolaire au Cameroun où l'on note toujours l'absence d'enseignants. Un environnement où les intégrations prennent parfois un voire deux ans entrecoupés par un véritable chemin de croix. Souvent, sans salaire, abandonnés à eux-mêmes, et parfois affectés dans les coins les plus éloignés, les jeunes enseignants s'en sortent au prix de sacrifices importants. Des réalités qui exigent des pouvoirs publics l'amélioration des conditions de l'enseignement pour un système scolaire véritablement compétitif. Un pari qu'il faut gagner dès maintenant au risque de recommencer éternellement.

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