Les statistiques entendues au cours de la réunion du comité de crise pour la gestion de l'épidémie de choléra du vendredi 3 septembre 2010 ne rassurent pas. Au 2 septembre 2010, le nombre total de cas depuis la déclaration de l'épidémie dans la partie septentrionale du Cameroun est de 4744 parmi lesquels 341 décès, soit une létalité de 7,2% contre 4464 cas et 327 décès, pour une létalité de 7,33%. L'épidémie continue de se propager. En deux jours (par rapport à la tenue de la précédente réunion le 1er septembre 2010), il y a eu 280 nouveaux cas et 14 nouveaux décès.
Déclarée le 6 mai dernier (17e semaine épidémiologique) pour l'un et 7 juillet 2010 pour l'autre, le choléra sévit dans les régions de l'Extrême Nord et du Nord. En moins de trois mois, la région du Nord a enregistré 92 cas et 5 décès, soit une létalité de 5,4%. D'après les services de la Direction de la maladie, plusieurs raisons expliquent cet « embrassement de la situation » qui « démontre que l'épidémie n'est pas encore maîtrisée », même si le taux de guérison avoisine les 90%. Ils citent entre autres la forte concentration des populations (promiscuité) dans les districts de santé les plus touchés ; le difficile accès aux malades situés en région montagneuse ; le type d'habitat ; les rites mortuaires qui se perpétuent ; les pluies diluviennes...
« A 90% de succès, c'est bien ! ça montre que nous récupérons des citoyens. Mais nous devons récupérer tous les citoyens », martèle le Secrétaire général du ministère de la Santé publique, président dudit comité. Dans cette optique et au regard des manquements affichés, le Pr Fru Angwafor III demande aux différents ministères de bien s'approprier le problème et de mobiliser les fonds. Pour lui, toute action dans le cadre de ce plan doit être en cohérence avec l'épidémie. En outre, il faut programmer les actions dans le temps et dans l'espace en tenant compte des aires de santé avec une population connue, un habitat maîtrisé. Cela suppose une carte qui présente la situation exacte de l'épidémie. Il a sur cette lancée instruit la réactualisation de la carte de potabilisation de l'eau dans cette région. Celle présentée étant en déphasage avec l'épidémie. « Il faut bien étudier les protocoles utilisés sur le terrain » a-t-il également prescrit en même temps que d'autres questions telles le paquet minimum alloué à un mobilisateur social. Pour les représentants de l'Oms et de l'Unicef, le nombre de mobilisateur doit être renforcé et la piste du traitement à domicile envisagée. « Si on augmente ce nombre, ils pourraient se déplacer avec les solutés de réhydratation et être le plus proches des malades », plaident-ils. Et d'ajouter : « ça pourrait raccourcir les délais de prise en charge et diminuer le nombre de cas enregistrés dans les hôpitaux ».
De la cagnotte du Plan d'urgence
Si des solutions ont été trouvées pour prévenir le risque de rupture en médicament et autres consommables, il n'en est pas de même pour ce qui est de l'argent nécessaire à la réalisation de toutes les activités. Dans sa globalité, le plan d'urgence a besoin d'un montant total de 2milliards520millions 955Fcfa. Si l'Etat camerounais via le ministère de l'Energie et de l'eau a augmenté de 30millions Fcfa sa contribution ce qui porte à 831millions la somme mobilisée avec l'aide des partenaires, le gap à couvrir reste important. L'autre point très attendu à cette rencontre du comité était le Plan média préparé par le ministère de la Communication.
On y apprendra qu'il a été « envoyé ». Mais en l'absence des représentants de ce département ministériel, personne n'a osé le présenter. En lieu et place, on a eu droit au plan média de la CRTV. Au terme de la rencontre, le président du Comité a promis dans un proche avenir d'exclure les « personnes qui ne sont pas membres » de ce comité et dont la présence est en ce moment tolérée.

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