Africa Info (Douala)

Cameroun: La presse encore en deuil, Eyoum'a Ntoh s'en est allé

interview

Ai-Cameroun — La famille camerounaise de la presse vient encore de perdre une grande plume. Thomas Patrick Eyoum'a Ntoh est décédé à Douala, la capitale économique, le 6 septembre 2010 des suites d'une longue maladie. Une triste nouvelle qui n'a pas manqué de susciter la réaction de Michèle Ebonguè, journaliste et par ailleurs déléguée régionale de la communication pour le Littoral.

"Eyoum a servi dans des médias que nous connaissons tous"

En l'espace de deux mois, la presse Camerounaise vient de perdre deux de ses valeureux mousquetaires, que représente pour vous cette double perte ?

C'est toujours des moments interpellatifs même du point de vue de l'avis d'abord. Parce que Eyoum'a Ntoh était un grand, un génie de la plume qui a encadré beaucoup d'entre nous. Pour ceux qui sont reconnaissants, savent très bien que s'ils savent manipuler la technique journalistique, s'ils savent écrire, ce dernier y était pour beaucoup. Maintenant, c'est un monsieur qui a oeuvré pour les canards de référence, notamment, Le Messager, La Nouvelle Expression, je ne parle même pas de Dikalo qu'il a porté pendant des années et qui a malheureusement souffert pendant un peu plus de quatre années de maladie. Je retiens de lui à titre personnel un souvenir de quelqu'un d'extrêmement généreux en terme de technique de travail. Si nous avions pris l'habitude de nous mobiliser autour de nos confrères, il est aussi important et très important de se mobiliser pour lui.

Parlant justement de cette mobilisation, l'on observe une quelconque timidité des rédactions dans le traitement de cette information. Comment comprendre cela ?

Eyoum n'est mort que lundi. Je pense que la plupart ne l'ont pas su. J'ai vu des articles dans quelques journaux. Mais j'espère bien que certains lui conféreraient sûrement une 'Une' parce qu'il le mérite. Eyoum a servi dans des médias que nous connaissons tous. Je ne me satisferais certainement pas de quelques filets. C'est quelqu'un qui a eu une histoire dans la presse, il y a passé presque toute sa vie.

Un à un les 'anciens' sont en train de partir. Ne faut-il pas craindre un manque de relève ?

Je ne vois pas la chose de cette manière là. Il y a un temps pour tout. Je ne pense que l'heure d'Eyoum était arrivée. Il s'en va maintenant, qu'est-ce qu'on retient de lui ? C'est pour moi, ce qui serait important et utile à sauvegarder et à ventiler au maximum.

En attendant ses obsèques, dont la date n'est pas encore fixée, l'on espère que les journalistes se mobiliseront autant que lors de la disparition de Pius Njawé en Juillet dernier.


Copyright © 2010 Africa Info. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire — ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 130 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations d' AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Comments Post a comment