Le Sénégal s'est engagé à faire respecter les différentes directives de l'Uemoa pour l'amélioration des échanges, notamment le transport routier régional. Le dernier rapport sur les pratiques anormales laisse entrevoir de bonnes perspectives dans la réduction des tracasseries routières. La limitation des points de contrôle à trois, le respect des charges à l'essieu, etc. seront bien pris en compte.
Le dernier rapport de l'Observatoire des pratiques anormales (Opa) restitué vendredi dernier à Tambacounda, montre une nette amélioration sur les temps de contrôle au niveau des différents corridors Tema-Ouagadougou, Ouagadougou-Bamako, Lomé-Ouagadougou, et Bamako-Dakar. L'enquête de l'Opa effectuée au cours du deuxième trimestre 2010 (1e avril au 30 juin) montre une baisse de 4, 05 % des temps de contrôles aux 100 kilomètres sur ces quatre corridors qui sont suivis régulièrement par l'Opa. Selon le rapport, le douzième du genre au niveau de l'Union économique et monétaire ouest-africain (Uemoa), et le quatrième pour le Sénégal, et en comparaison du premier trimestre 2010, tous les indicateurs ont enregistré des baisses, notamment de -0,28 % du « nombre de contrôle », -18, 82 % des « perceptions illicites », et -6,98 % des « temps de contrôles ». Seulement, constate aussi le document, les niveaux restent encore très élevés, par rapport aux ambitions fixées pour réduire au strict minimum les tracasseries routières. D'où l'invite faite aux Etats d'intensifier la sensibilisation et le plaidoyer afin de réduire substantiellement les pratiques anormales jugées nuisibles à la fluidité du transit et du transport des personnes et des marchandises sur les corridors routiers inter-état. Et dans cette perspective, le Sénégal a pris une bonne option, notamment à travers la publication décentralisée du rapport de l'Opa dont le dernier a permis de reconnaître les bonnes dispositions de notre pays à lever les contraintes routières notamment sur le Corridor Dakar-Bamako.
L'Opa a été mise en place en 2005 par l'Uemoa et la Communauté économique pour le développement de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), avec l'appui technique du Centre Ouest africain pour le commerce (West Africa trade hub,) et l'appui financier de l'Usaid et du programme des politiques de transport en Afrique sub-saharienne (Ssatp) de la Banque Mondiale. L'Observatoire a étendu ses activités sur le corridor Dakar-Bamako en 2009. La publication du document donne ainsi l'opportunité aux différents acteurs de présenter les statistiques moyennes sur le nombre de contrôles par voyage, les niveaux de perceptions illicites par voyage, ainsi que les temps de retard induits par ces contrôles.
L'objectif de l'Usaid à travers son démembrement, en l'occurrence West trade hub dont la vocation est de stimuler le commerce, est d'aider à la levée de certaines contraintes et à la promotion des exportations intra-régionales, en agissant notamment sur certains facteurs tels que le transport considéré comme un des noeuds de la problématique. « Nous constatons, malheureusement, que nous perdons beaucoup de temps et d'argent d'un point à un autre de l'Afrique de l'Ouest, ce qui n'est pas normal », regrette Makhtar Thiam, directeur du Trade hub Dakar. Alors que dans les pays développés, nous avons constaté que les distances sont plus longues et les rapports sont d'un jour à une semaine de transport par rapport à l'Afrique, et particulièrement en Afrique de l'Ouest. Nous notons une prise de conscience générale avec la Cedeao et l'Uemoa pour prendre en compte ce phénomène et traduire en actes des mesures qui permettront d'améliorer ces systèmes ».
Au Sénégal, les dernières enquêtes effectuées indiquent une tendance particulièrement favorable à une réduction des tracasseries routières sur le corridor Dakar-Bamako. « Nous sommes à notre douzième rapport, et le quatrième pour le Sénégal, et nous avons noté une évolution positive en termes de paramètres que nous mesurons, à savoir le nombre de contrôles sur les routes, le temps perdu, et les prélèvements illicites. Nous avons noté aussi une évolution positive sur les contrôles, particulièrement sur le tronçon Dakar-Kidira, et cela est à l'honneur des autorités sénégalaises et nous l'encourageons », indique le directeur de Trade hub Dakar, Makhtar Thiam.
Récemment, au terme d'un conseil interministériel, le Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye annonçait des mesures rigoureuses pour réduire drastiquement le nombre de contrôles et autres pratiques néfastes. « Avant même l'application de ces directives, les résultats sont palpables sur le terrain, et cela est à saluer », a également affirmé M. Thiam.
La volonté politique de l'Etat est donc déterminante pour, aujourd'hui, impliquer tous les corps de contrôles afin d'optimiser les tracasseries et les retards sur le corridor Dakar-Bamako, en particulier.
Selon M. Dramé Seck, coordonnateur de l'Observatoire des pratiques anormales (Opa), par ailleurs directeur des Transports terrestres, des contrôles réguliers sont effectués sur le corridor Dakar-Bamako. A bord des camions, des enquêteurs sillonnent les différents axes pour relever les tracasseries routières, notamment les pratiques illicites qui entrainent des retards lourds de conséquences sur les échanges économiques. L'impact négatif de ces pratiques sur les économies fragiles notamment, indique M. Seck, a conduit les autorités à prendre le taureau par les cornes pour lutter contre ces pratiques.

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