Un centre de ressources pour la formation et l'insertion socioprofessionnelle de jeunes handicapés issus de milieux défavorisés, c'est l'idée d'une association italienne dénommée Robi-Onlus qui a signé en ce sens une convention de partenariat avec la municipalité de Mbour. Il s'agit de démarrer, dès la rentrée scolaire 2010-2011, un modèle novateur de formation et d'insertion professionnelle à l'intention de quinze jeunes handicapés issus de milieux défavorisés.
Un centre de ressources pour la formation et l'insertion va ouvrir ses portes dès octobre prochain à une quinzaine de jeunes handicapés défavorisés. C'est le premier résultat de la convention de partenariat signée le 10 août dernier entre l'association italienne Robi-Onlus et la municipalité de Mbour. L'idée initiale de ce centre est venue de Giovanna Cirino, une enseignante italienne, vice-présidente de l'association Robi. Son séjour l'été dernier à Mbour lui a permis de faire la connaissance d'un fonctionnaire du ministère de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle, pour lui faire part de la possibilité de concrétiser ce voeu. Robi (Ricominciare Oltre la Barrière Insieme) en italien, signifie 'Recommencer ensemble, outre les barrières'. Mais cet acronyme est aussi le diminutif du prénom d'une jeune fille née non voyante et décédée le 25 mars 2009 à l'âge de 29 ans. Roberta Pozzobon a toujours nourri le désir de pouvoir se rendre utile envers les personnes défavorisées qui, comme elle et dès leur bas âge, doivent chaque jour lutter contre toutes les sortes de barrières, tous les obstacles aussi bien physiques que sociaux.
Un atelier de planification des activités du centre s'est tenu samedi dernier à Saly Carrefour, à l'intention des représentants des structures susceptibles d'être concernées par son fonctionnement. L'objectif était d'informer les participants sur le projet en vue de recueillir leur adhésion. C'est ainsi qu'un document de planification des activités a été réalisé à l'issue de la rencontre.
'Souvent, nos moyens étant limités, il y a des défavorisés, des laissés pour compte, dont les handicapés. Nous nous sommes dits qu'il est temps qu'on pense à certains défavorisés, qu'on crée ce modèle qui est assez particulier, qui ne va pas venir remettre en cause ce qui se faisait, mais qui va compléter et apporter un plus. On va libérer les enfants, on va libérer leur énergie, on va créer des liens entre les membres de la communauté pour la prise en charge effective de cette catégorie d'enfants', a indiqué Mbaye Mbengue, inspecteur de l'éducation, conseiller de l'association Robi. Il renseigne que les enfants qui seront admis dans ce centre, le seront sur la base d'une sélection 'rigoureuse' des services compétents.
Une fois admis, ces élèves devront subir un cursus de trois années de formation alliant l'éducation de base, avec des activités d'enseignement-apprentissage des rudiments fondamentaux de l'écriture, de la lecture et du calcul. Les pensionnaires du centre seront aussi initiés à l'informatique et à la culture. L'autre volet, la formation professionnelle, sera axé sur des activités pratiques et expériences concrètes 'qui mettent ces jeunes en mesure d'accomplir de simples travaux en leur permettant de se prendre en charge eux-mêmes après la formation'. Pour le conseiller de l'association, l'objectif de Robi est d'accompagner les pensionnaires six mois après la formation, pour leur permettre de réussir leur insertion socioprofessionnelle.
Pour ses débuts, le centre devra fonctionner avec un enseignant qui a des capacités en langues nationales, en plus du français, mais aussi en mathématiques et en informatique. Compte tenu du caractère spécial des pensionnaires de ce centre, des médecins, des kinésithérapeutes et des psychologues pourront y intervenir en cas de nécessité. Notons que les frais de scolarité et de matériel didactique seront entièrement gratuits.

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