8 Septembre 2010

Sénégal: La revente de métaux issus d'ordinateurs est devenue l'activité de jeunes dakarois

Dakar — De plus en plus de jeunes dakarois vivent de la vente de matériaux précieux récupérés sur des ordinateurs abandonnés, a indiqué mercredi le coordonnateur de l'ONG Enda Ecopole, Amadou Diallo.

"Il y a des éléments un peu intéressant dans la fabrication des ordinateurs. Il y a un peu d'or, un peu d'argent et un peu de bronze", a expliqué M. Diallo dans un entretien accordé à l'APS, notant toutefois que ces matières sont présentes en faible quantité dans les machines.

Néanmoins, a-t-il noté, "la récupération de ces métaux précieux est devenue l'activité principale de jeunes à Dakar".

M. Diallo explique que les jeunes qui se livrent à cette activité récupèrent les ordinateurs que les gens n'utilisent plus pour les démanteler, avant de prendre ensuite tout ce qui est or, argent ou bronze.

"Et même au niveau des chargeurs des téléphones portables, ils y récupèrent de l'aluminium ou de l'argent", a-t-il ajouté.

Pour extraire ces métaux, a-t-il expliqué, "le polychlorure de vinyle (PVC) qui recouvre les câbles électriques est brûlé afin de récupérer le cuivre". Mais cette opération "génère l'émission de beaucoup de dioxine et de furanes dans l'atmosphère", a-t-il mis en garde.

"Les cartes électroniques des ordinateurs sont dissoutes dans des solutions acides pour récupérer l'or, le cuivre, l'argent et d'autres métaux. La solution acide est ensuite jetée dans l'environnement, polluant l'eau et le sol", a-t-il poursuivi.

Dans les pays pauvres, les e-déchets et en particulier les composants contenant des métaux précieux représentent des ressources importantes pour les recycleurs informels, a-t-il précisé.

Toutefois, " ce sont des activités que beaucoup de gens ne connaissent pas encore", a-t-il noté.

"C'est bien de faire cette activité. Mais il faut prendre les précautions nécessaires pour ne pas contracter de maladies et dans le respect de l'environnement ", a-t-il dit à l'endroit des jeunes qui font la récupération de ces métaux.

Pour prévenir les risques du fait de la présence dans les déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) de substances dangereuses pour la santé tels que le plomb, le cadmium, Enda Ecopole mise sur la formation des personnes concernées.

"On leur apprend comment récupérer, comment démanteler ces matériaux avec toutes les précautions sanitaires dans le respect de l'environnement", a-t-il précisé.

Ainsi, la structure encadre " 800 jeunes recycleurs qui sont au niveau de la décharge de Mbeubeuss (Malika)".

Ces recycleurs récupèrent tout ce qui est déchet et "Enda Ecopole vient les encadrer, les sensibiliser sur les dangers des DEEE", a-t- souligné.

Parmi ces jeunes, a-t-il précisé, trois sont formés au démantèlement des déchets de matériel informatique dont ils revendent les composants.

Selon lui, il y a des gens qui viennent au niveau de la décharge pour acheter les composants électroniques. "Il y a tout un marché parallèle qui se développe au niveau de la décharge de Mbeubeuss (Malika)", a-t-il signalé.

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